Des nouvelles printanières qui tranchent par Yves R.

Yves R.

Les abeilles, complètement ignorantes de la situation mondiale, ont quitté le confinement hivernale…
bien avant que nous entamions le nôtre pour raison sanitaire.
Elles ne rateraient pas le printemps pour rien au monde ... Et, celui-ci est précoce et assez fulgurant ; avec les mois de mars et, surtout, avril très ensoleillé.
Les colonies les plus peuplées en sortie d’hivernage sont, à l’heure actuelle, à un stade de développement que je n’ai jamais connu, en Bourgogne du Sud, avec des populations déjà à leur maximum,
sans aucune stimulation d’aucune sorte de ma part.
Il faut remonter à 2011 pour trouver une situation équivalente, bien que moins précoce - réchauffement climatique oblige,
- qui leur permet de voler à loisir de fleur en fleur printanière, sans presque n’en rater aucune : tussilage, hellébore, bois joli, saule marsault, prunelier, pissenlit, cornouiller, colza, fruitiers, orme,
peuplier, aubépine… J’en oublie ; mais pas elles !
La diversité et l’abondance sont au rendez-vous.

Seules quelques colonies sont un peu à la traine, du fait de reines en fin de fécondité, qui vont être spontanément remplacées par les colonies qui élèvent depuis deux semaines de jeunes reines de remplacement.
Car les mâles sont déjà prêts pour leur mission…
Du côté rucher, tout semble idyllique !

Cela constitue un drôle de contraste avec la situation sanitaire, sociale et économique de ce même printemps ; donc vécu extrêmement différemment que nous appartenions à l’espèce Apis Mellifera Mellifera
ou à l’espèce Homo Sapiens Sapiens.
Le coronavirus est un fléau d’origine naturel, mais dont les circonstances d’unE économie libérale agressive et mondialisée ont joué un rôle démultiplicateur invraisemblable.
Ladite économie moderne, qui sacrifie la vie sauvage, joue là contre son propre camp …

C’est l’effet boomrang ; et, ça ne fait pas du bien de le prendre, si vous permettez l’expression, en plein dans la figure !

Les professionnels de l’agriculture ont une dérogation très large pour continuer à mener leur activité « prioritaire ». Je bénéficie de ce « privilège », qui me permet de mener mon activité sans entrave, malgré la situation tragique.
Je dois confesser que c’est bien la première fois que je me sens économiquement « favorisé ».
En fait, cela fait bien longtemps que je me considère non seulement au service de la collectivité, mais aussi au service de nos protégées.
Et, j’arbore fièrement ce privilège de « servir » pleinement. Et, peut-être que ma réflexion sur la non-soutenabilité de nos modes de production n’avait qu’un temps d’avance.
Et, que le moment de réajuster cet aspect, qui pêche gravement, est peut-être venu ?...

Votre apiculteur, Yves

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