Infos juillet 2026 par Camille D.

Camille D.

Chers Parrains,

La saison a plutôt bien commencé avec une jolie floraison d’acacia au mois de mai, toujours un peu plus en avance que l’année précédente. Il avait suffisamment plu et le vent nous a pas mal épargné ce qui a permis de faire un peu de miel. 

A la fin mai le tilleul à lui aussi bien fleuri et les abeilles ont pu remplir une hausse voire deux pour les plus belles ruches. 

Par contre lors de la floraison de la ronce et de la lavande le mistral s’est levé avec des rafales à 60 km/h quotidiennes pendant environ 8 jours. Le nectar que butinent les abeilles est constitué à 80 % d’eau. Le mistral, vent froid et sec, sèche les fleurs et stoppe la miellée. 

Puis la canicule est arrivée, très fortes chaleurs, sécheresse, au moment où on fait la plus importante rentrée de miel de la saison.

La ronce et la lavande ont carrément séché avant même de convenablement fleurir. La récolte est ainsi quasiment nulle. C’est un épisode sans précédent à ma connaissance. La lavande a toujours été une valeur sûre en apiculture et après quelques échanges avec les anciens, une année blanche n’est jamais arrivée. A noter également le châtaignier qui a fleuri cette année avec deux semaines d’avance. 

On est sur la plus mauvaise saison depuis mes débuts. Mauvaise en termes de récolte, mais aussi en termes de pénibilité. Je travaille avec des chaussures montantes, en combinaison intégrale, avec des gants en cuir en plein soleil, avec du port de charge lourdes. J’ai plusieurs fois senti que je n’étais pas loin de tourner de l’œil au rucher. 

Et ma plus grande préoccupation se porte sur les abeilles, en très grandes difficultés cette saison pour se nourrir, mais surtout pour réguler le niveau d’hygrométrie et la température de leur ruche. Les colonies sont clairement affaiblies par ces épisodes de canicule. L’éventualité que ces épisodes se répètent fragilisera d’autant plus un insecte qui est déjà classé en voie de disparition à cause des nombreux impacts négatifs issus principalement de l’activité humaine.

Cela n’est pas très engageant pour la suite, voire même, on peut le dire, c’est assez désespérant. Espérons que nous trouvions à l’avenir de réelles solutions collectives pour à minima stabiliser le réchauffement climatique. Sinon les plantes et les animaux risquent de ne pas être en capacité de survivre à un environnement devenu inadapté à leur fonctionnement biologique. 

Merci pour votre soutien qui m’aide moralement à me sentir moins seul en ces temps très difficile.

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