Petit tour des ruches par Thierry S.
Bonjour à tous !
L'eau a retrouvé sa forme spongieuse et liquide dans le sol mousseux. La blancheur qu'on croyait éternelle.
Je regarde dehors. Le soleil réchauffe la vitre à travers la vie.
Les bourgeons ont-ils stoppés leurs spirales ?
C'est la danse du réel. C'est au risque du réel.
Après ce froid brulant, il reneige à nouveau.
Le duveteux manteau se constitue par dépôts et strates vifs et successifs à l'aléatoire du vent. Même proposition, mais forme différente.
Cette fois, de pétales de prunus, merisier sauvage... les fleurs sont à plats. Tuer la vie qui né.
Quelle est la temporalité de cette matière à revenir dans la terre ?
La cicatrice de cet épisode de froid restera-t-elle longtemps ?
Je ne sais pas encore répondre. Il va faire encore plus froid cette nuit au printemps éveillé.
Le gèle a fait du mal pour un bien, ou l'inverse, je ne sais pas non plus.
Ainsi la vie. C'est au rythme des saisons.
C'est tous les jours dimanche à celui qui regarde et est en lien avec.
Je n'irais probablement pas voir les abeilles cette semaine. Le froid va ralentir leurs dynamiques à se reproduire c'est certain.
Mais je suis certain et confiant sur leur santé et leurs capacités à gérer pour cette semaine.
Il n'y a eu que 4 colonies qui n'ont pas survécut à l'hiver.
Autant dire tout le monde a survécu :) Pas de mystère, un vrai hiver, un vrai épouillage du parasite "varroa" pendant l'été, puis l'automne, puis l’hiver.
Je n'ai pas ménagé mon effort pour traiter avec des acides organiques ce parasite. C'est à ce prix que les abeilles survivent.
Les colonies se sont développées à merveilles jusque-là dans des conditions idéales.
Mon cœur paisible à les accompagner et voir grandir ainsi m'a donné beaucoup de bonheur.
Il fait 8/10°c. Un froid de canard pour une abeille. Pourtant elles sortent, en grand nombre, elles sont partout !
J'ai observé un phénomène que je n'avais encore jamais éprouvé.
Pour le son et l'image, je vous partage en vidéo.
Ce ne sont pas le bruit des mouches copulant autour des bouses de vaches fumantes à la douce chaleur champêtre du printemps. Ce sont bien des abeilles.
C'est juste devant chez moi. Le rucher est plus haut. Le filet à mouton s'est écroulé par la neige.
Les abeilles cherchent déboussolées des ressources. Les fleurs sont brulées. Elles survolent la canopé des herbes comme un Canadair qui ne peut se poser sur un foret embrasé.
Elles n'ont rien à prendre, ni laisser. Leur étonnement est partagé autant que le miens de les voir faire.
Elles cherchent sans trouver, comme une partie de cache-cache sans autres joueurs. Comme cette abeille perdue à chercher dans un bois fissuré.
Ainsi était aujourd'hui. On verra demain. La bonne heure pour la météo n'est qu’espoir. Je préféré agir en fonction, ici et maintenant, plutôt que spéculer.
Mais je suis plein d'espoir pour les abeilles, car beaucoup d'humains les aiment, prennent soin d'elles, autant qu'elles prennent soin de nous.
Merci à vous ! Ca me porte à ne pas lâcher.
Je vous tiendrai informé du déroulement en cours de la saison.
D'un point de vue perso, j'espère qu'elle va être douce. je me suis déchiré un tendon du coude en coupant du bois à la hache en décembre, et cela traine encore.
Le corps, principal outil du paysan, est bien engagé et à rude épreuve. J'aimerai donc un peu de douceur.
Je vous souhaite un bon et beau printemps tout doux à vous aussi !
A bientôt
Thierry