Lavande au menu et abeilles en vadrouille par Thierry S.
Bonjour chères marraines, chers parrains,
Il est grand temps de vous donner quelques nouvelles :)
La saison redémarre doucement mais sûrement : le vent, la pluie, les fleurs, les abeilles, les humains, le temps qui file, la vie… Mars est là, et comme dans une vieille pub des années 80, « et ça repart » ! ;)
De mon côté, je vais bientôt avoir la tête dans les ruches et un peu moins devant l’écran…
J’ai terminé la préparation des envois de pots pour le printemps. Vous devriez les recevoir très bientôt – ou c’est peut-être déjà le cas pour les plus chanceux dans le Lot ! Alors oui, c’est du miel de lavande… Et vous parrainez des ruches en Chartreuse, je sais… Qu’est-ce que c’est que ce b...azar ?
Eh bien, je n’ai plus de miel de fleurs de Chartreuse cette année. Alors je vous ai mis ce qu’il me restait : le miel de lavande. Certains seront contents, d’autres feront peut-être une belle découverte ! :)
Ne vous inquiétez pas, les abeilles étaient très bien là où elles étaient, l’été dernier, en transhumance dans le sud, entre Verdon et Hautes Baronnies : deux magnifiques endroits où pousse de la vraie lavande (et non du lavandin). Pour ceux qui ne connaissent pas, la transhumance consiste à déplacer les ruches. Cela se fait de nuit, en mode nuit blanche : on serpente le plateau du Trièves, on franchit le col de Lus-la-Croix-Haute, et on descend la vallée du Buëch… Des blagues dans la cabine, de la radio à fond, « on the road again »… C’est toute une aventure, pour arriver à destination juste avant le lever du jour et décharger les ruches dans le calme du petit matin.
C’est ce moment suspendu… la fatigue, le silence, comme le petit remous d’une bouilloire juste avant l’ébullition. On est là, assis, les yeux mi-clos, à écouter le bourdonnement sourd venir de l’intérieur des ruches…
Puis, avec la brume du matin, elles sortent timidement, se repèrent en dansant, et tout à coup, l’espace se remplit d’un zèle sonore : entre ciel et terre, on ne s’entend plus. Un acouphène gravé pour la journée, mais aussi un de mes meilleurs souvenirs en apiculture.
Pour elles, c’était clairement mieux que les montagnes cet été. La Chartreuse, c’est magnifique, mais c’est aussi une des premières barrières que rencontrent les nuages en venant de l’Atlantique. Résultat : c’est l’un des massifs les plus arrosés de France. Ce qui fait la richesse florale du coin… mais pas de miel cette année, avec un printemps également compliqué. D’où le miel de lavande.
Et la pluie ne nous a pas épargnés à l’automne non plus, ce qui a empêché les portes ouvertes. J’en suis navré, ce sont toujours de beaux moments de partage.
Gardez un œil sur vos mails cet été : je vais essayer d’organiser une nouvelle date pour fin septembre / début octobre, en commandant un peu de soleil ;)
Si vous êtes du côté de Grenoble, n’hésitez pas à passer me faire un petit coucou à la miellerie : je suis là les mercredis après-midi, et ça me fera plaisir de vous voir !
Merci pour toutes les cartes reçues en fin d’année : vos vœux, vos encouragements, vos mots doux. Merci aussi pour les soutiens de l’an dernier, notamment face aux frelons.
Un merci particulier à Bernadette et à son amie, une marraine venue faire un soin pour les abeilles… Derrière les écrans, il y a des humains, et ce parrainage, c’est avant tout une histoire de rencontres, ce qui est essentiel.
Côté ruches, je suis allé les visiter une à une début mars : première visite après l’hiver. Elles s’en sont bien sorties, elles sont en forme :))
Elles ont encore pas mal de réserves : l’hiver a été relativement normal, avec du froid, de la neige. Du coup, elles ont peu consommé, en attendant un printemps qui tarde un peu.
Les prunus commencent à fleurir, les érables aussi… Les merisiers arrivent, les pissenlits font leurs timides apparitions, les saules donnent encore un peu de pollen. C’est parti !
L’alternance soleil/pluie leur est favorable pour l’instant. À surveiller de près : un retour du froid pourrait vite puiser dans leurs réserves, puisqu’elles doivent maintenir une température constante de 35°C pour le couvain.
Je veille sur vos abeilles, tout en leur faisant confiance. Je prends soin d’elles, tout comme elles prennent soin de moi… de nous. Elles savent.
Je vous souhaite un magnifique printemps !
Thierry