Bilan de la saison 2020 à l’hivernage par Yves R.

Yves R.

Il y a deux mois, je vous faisais part de la situation tendue que la sécheresse de fin d’été faisait reposer sur les conditions de préparation de l’hivernage pour nos abeilles.
Je me suis beaucoup inquiété… Je ne sais pas si cela a transpiré à travers les mots employés ?

Les métiers en rapport avec la nature sont forcément soumis aux aléas… Cela, a été accentué en apiculture notamment,
par toutes les agressions et destructions sévères pratiquées par l’agriculture industrielle sur les écosystèmes ordinaires.
Je joins une photo que j’ai prise, à la fin de l’été, d’une haie qui se trouve près d’un de mes ruchers. Cela fait des décennies que les « jardiniers des paysages »
passent avec des engins puissants pour couper les haies en les massacrant. Cette année particulièrement, ces pauvres haies n’avaient pas besoin de cela, après l’épreuve de la sécheresse…
Finalement, les colonies ont surmonté avec brio la préparation à l’hivernage !...

Les effectifs d’abeilles d’hiver sont assez conséquents, les réserves de miel assez bonnes, sauf exception ; et les colonies ont retrouver la sérénité qu’elles avaient parfois perdues,
pendant la période de disette et d’attaque par les frelons et autres assaillant en quête de nourriture…
Les abeilles ont une capacité d’adaptation qui ne cesse de me fasciner. Nous pouvons leur faire confiance pour faire face aux aléas climatiques ; elles gèrent remarquablement bien !
Si tant est qu’on ne les mette pas en difficulté de manière irrémédiable.

Elles nous confirment, à chaque fois, qu’elles ont beaucoup à nous apprendre sur la résilience…
Que leur organisation très évoluée, leur entraide indéfectible et leur connaissance parfaite du milieu en font des expertes de l’adaptation aux aléas climatiques.
Non seulement, il faut arrêter de nous en prendre à la nature ; mais nous allons apprendre du vivant comment nous sortir des sérieux tracas dans lesquels notre civilisation
un peu trop négligente du vivant nous a plongés. Les abeilles sont nos alliées !
A cause de la surexploitation des écosystèmes naturels, dont les forêts, les abeilles -comme la plupart des espèces animales –
souffrent de la disparition de leurs habitats naturels (notamment, les troncs d’arbres creux)
Les essaims d’abeilles se rabattent de plus en plus sur l’occupation d’habitats artificiels.

Tout abri préservant de la pluie, du vent et du froid en hiver est susceptible de servir d’habitat à un colonie d’abeilles :
espace entre fenêtre et volet ou cheminée de maison inhabitée, tonneau ou bien sûr vieille ruche abandonnés.
Même en milieu rural, on a encore trop tendance à les en chasser. Alors que nous avons tellement à apprendre de la cohabitation avec elles,
en laissant retomber la peur et en acceptant qu’elles viennent parfois nous rendre visite. Contrairement aux guêpes, elles ne viendront jamais dans notre assiette, sauf s’il y a du miel…
 
Etat d’une haie bocagère en Bourgogne du Sud après le passage d’un engin de coupe. Cela ressemble plus à du massacre, en ne tenant aucunement compte de la physiologie et de son état de déshydratation avancée.
Yves


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