Un printemps 2021 sans récolte de miel par Yves R.
Ce printemps a été chaotique, obligeant les colonies d’abeilles à limiter considérablement leur développement, voire à le stopper.
Pour retrouver un printemps plus frais que cette année, il faut remonter à l’année 2013, qui a été une très mauvaise année apicole en vallée de Saône.
Les modifications climatiques allant vers un réchauffement global ; il est cependant plus juste de parler de dérèglement climatique, car il y a aussi des phases de baisse des températures, qui au printemps font beaucoup de dégâts.
Cela a débuté par un mois de Mars avec une période quasi estivale. Les colonies sorties d’hivernage les plus tôt - un quart de mes effectifs de colonies - sont les seules à présenter, actuellement, un léger excédent de miel.
« Une semaine après les beaux jours de mars, un courant de nord a fait circuler de l’air glacial sur la France du 6 au 8 avril.
Cette fois-ci, ce sont les records mensuels de froids qui ont été battus.
Les bourgeons ont donc subi de gros dégâts lors de cette période de fortes gelées1 ».
Cela a été dommageable aux cultures, mais aussi aux autres ressources mellifères, comme l’acacia en vallée de Saône. Avril a connu aussi un fort déficit de pluie.
En Mai, « ce sont des records absolus de cumuls de pluie en 24 heures qui ont été observés », lessivant les floraisons de fruitiers et d’aubépine, entre autres. Les périodes propices au butinage ont été extrêmement restreintes.
L’abeille locale peut s’adapter à de très fortes perturbations de la météo. C’est d’ailleurs son point fort : elle est très économe et prudente au démarrage du printemps.
C’est une leçon qu’elle a tiré après avoir survécu à la dernière grande glaciation, il y a 20 000 ans.
Les colonies d’abeilles se sont adaptées aux perturbations climatiques, mais pas l’apiculteur qui a vraiment beaucoup plus de mal, à rester zen en voyant sa récolte de printemps compromise, bien qu’il ait appris à faire confiance à ses colonies d’abeilles !
L’apiculteur prélevant, normalement, l’excédent des productions de la colonie, dans des épisodes météorologiques si peu propices, il lui faut admettre qu’il n’y a jusqu’à maintenant rien à récolter.
Il reste à miser sur un été moins catastrophique…
Yves R.