Etat des lieux du printemps 2019 par Yves R.

Yves R.

L’hiver a été serein et assez tempéré. Les abeilles n’ont pas éprouvé de difficultés particulières.

Le début de printemps a été plus surprenant avec des prémisses assez précoces en février, puis des épisodes de rafraichissement et de vents persistants.
Les colonies les plus fortes ont débuté tôt leur développement. Est-ce pour cela que cette année détient le record d’essaimage le plus précoce, dés mi-avril ?!
La flore n’est cependant pas particulièrement en avance, la pousse ayant été freinée par les vents et les nuits fraiches.
En hauteur, les colonies n’ont pas un développement aussi avancé qu’en plaine, ce qui permet d’échelonner les interventions dans les différents ruchers.

Ainsi, jusqu’à maintenant, la situation est assez bonne.

Permettez-moi d’ajouter, comme j’en ai pris l’habitude, un petit éclairage sur l’actualité.

J’en ai puisé le sujet dans une de mes lectures les plus régulières, le magazine : La santé de l’abeille. Dans le dernier numéro d'avril 2019, Janine Kievits, commente les hésitations inadmissibles au niveau décisionnel européen concernant la législation sur les pesticides :
"La scène qui se joue actuellement au Comité permanent des plantes, animaux et aliments (SCOPAFF, Standing ommitee on Plant, Food and Feed) fait désordre : il est assez gênant de voir les États membres remettre en cause, pour des raisons d'ordre économique, les conclusions de l'expert scientifique de la Commission (l'EFSA, Autorité européenne de sécurité alimentaire). Car enfin ; l'EFSA avait produit avec le BDG (Bee Guidance Document), il y a 5 ans déjà un véritable travail d'expertise. Le BGD est scientifiquement fondé et justifié en chacun de ses points."
Quand il s'agit de santé, de santé environnementale, de protection de l’environnent et in fine de sauvegarde de notre avenir alimentaire, comment se fait-il que d'autres intérêts, en particulier mercantiles et à courts termes, puissent être mis en balance ?
Les États et les élus sont dans le déni, ne prenant en compte ni l'avis scientifique, ni celui de l'opinion publique, comme le commente le Journal de l’environnement :
"Intense actualité sur le front des pesticides en France. Alors que se déroulaient ce 1er février quelque 780 rassemblements en France à l’appel du mouvement des Coquelicots – qui appelle à l’interdiction de tous les pesticides de synthèse –, Emmanuel Macron était aux Antilles pour animer une réunion du Grand débat national."

S’en est suivi un échange tendu sur le chlordécone avec Victorin Lurel, sénateur et ex-ministre des Outre-Mer. Échange au cours duquel le président de la République a affirmé, contre toute évidence scientifique : « Il ne faut pas aller jusqu’à dire que c’est cancérogène parce qu’à la fois on dit quelque chose qui n’est pas vrai et on alimente les peurs. »
Deux éminents spécialistes du sujet (les professeurs Luc Multigner, directeur de recherche à l’INSERM et Pascal Blanchet, professeur à l’université des Antilles et chef du service urologie du CHU de Pointe-à-Pitre) ont immédiatement répondu de manière circonstanciée. Et indignée." 
http://www.journaldelenvironnement.net/article/pesticides-l-etat-et-les-elus-dans-le-deni,95974

Yves



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