Bilan de fin d'été par Benjamin B.
Chers parrains,
Nous voilà en septembre et l'activité apicole se réduit tranquillement par ici.
A la différence de l'année dernière, cet été a été bien moins sec, avec des orages réguliers en montagne, ce qui a permis de remettre à niveau les réserves en eau de l'île.
Pas ou peu d'incendies pour le moment, pourvu que ça dure !
L'été dernier a vu partir en fumée suffisamment d'hectares de maquis et forêts...
Comme je le précisais dans mes précédentes nouvelles, j'ai donc transhumé une partie de mes ruches en moyenne montagne, sous une châtaigneraie.
Surprise, pas un gramme de miel de châtaignier à la fin de la floraison qui semblait pourtant pas trop mal. Il semble que les conditions n'étaient pas réunies pour que les fleurs sécrètent du nectar...
Mais mes abeilles ont trouvé autre chose à se mettre sous la langue: ronces, clématites, anthyllis. J'ai donc pu récolter un peu de ce miel doré et doux, appelé ici miel de maquis d'été.
Depuis la fin juillet, toutes mes ruches sont redescendues vers le littoral, à faible altitude.
Les chaleurs étant assez importantes, elle travaillent surtout tôt le matin et tard le soir, quand les températures sont plus douces.
L'activité est très réduite en journée et il y a même eu un arrêt de ponte des reines pendant quelque temps.
Il est assez étonnant d'arriver en pleine journée sur un rucher et de ne voir quasiment aucune activité apparente.
Mais détrompez-vous, elles ne font pas la sieste!
Cela s'active dans la ruche pour maintenir une température et un niveau d'hygrométrie particulier, sans oublier les travaux de nettoyage, de stockage, d'alimentation des larves et de la reine et autres tâches du quotidien !
De mi-juillet à début septembre, nous avons ici une longue miellée qui est celle du miellat de metcalfa. Son nom vient de l'insecte Metcalfa, sorte de petit papillon blanc qui se nourrit de la sève de nombreuses plantes du maquis, et sécrète un miellat butiné par les abeilles.
Cela donne un miel très foncé, caramélisé, doux et persistant en bouche. Je viens de terminer cette récolte qui s'est avérée assez correcte cette année.
Seul problème avec ce miel, c'est qu'il est tellement épais et caramélisé que l'extraction prend un temps fou !
Le miel étant extrait dans des centrifugeuses, plus il est épais, plus il met de temps à sortir.
Varroa
C'est maintenant que je traite mes ruches contre le varroa. Le varroa est un acarien parasite de l'abeille, qui est apparu en Europe au début des années 80.
Son petit nom scientifique, c'est "varroa destructor", et il le porte bien... Il n'existe pour ainsi dire plus d'endroit dans le monde où il ne sévit pas.
Il est présent dans chacune de nos ruches (et des vôtres si vous en avez !) et se développe rapidement. Le varroa se nourrit de l'hémolymphe (sang) des abeilles et des larves, ce qui les affaiblient, les rend malades ; une forte infestation peut mener à la destruction de la colonie. Donc, chaque apiculteur, de l'amateur au professionnel doit traiter ses ruches! Les médicaments sont prescrits par les vétérinaires de la région.
Courant septembre, nos abeilles trouvent encore de quoi butiner et la ponte de la reine reprend.
Inule visqueuse, lierre, salsepareille sont notamment appréciées et s'ajouteront à leurs réserves déjà constituées.
Plus tard encore, à la fin de l'automne, c'est l'arbousier qui se couvrira de fleurs et ravira nos avettes.
Quant à moi, ce sera du rangement à l'atelier, le stockage du matériel bois, le passage à la flamme des ruches et ruchettes qui n'ont pas passé la saison, le nettoyage de la miellerie, la mise en pot et l'étiquetage, la préparation des colis pour mes chers parrains :).
Je reprends également un travail pour l'hiver, mon exploitation étant encore trop petite pour en vivre toute l'année mais cela prend forme petit à petit !
Voilà pour les nouvelles de la rentrée ! J'espère ne pas avoir été trop long. Merci de me suivre et à bientôt !
Benjamin


