Nouvelles de janvier par Mathieu C.

Mathieu C.

Bonjour à vous, marraines et parrains du rucher du Roussillon,

L’hiver nous apporte son lot de surprises. Les vagues de froid sans dégel alternent avec de jolies semaines printanières. Les arbres bourgeonnent puis gèlent ! Les ruches, elles aussi, ont du mal à suivre.

Après un bel automne à récolter du nectar jusqu’à tard, les voici à croire qu’en ce début janvier le printemps est déjà là. Les stocks de provisions semblent déjà bien entamés à ce rythme, car à chaque redoux, c’est toute la colonie qui s’active. Il me faut donc surveiller les pains de candi que je dispose dans les nourrisseurs par sécurité.

Le candi se présente sous forme de blocs de sucre en pâte molle d’un kilo par ruche, que je pose dans les nourrisseurs. Ils me permettent d’avoir une idée rapide des besoins alimentaires des colonies. Quand tout se passe bien, ces pains de candi ne sont pas consommés, car les ruches sont hivernées avec de bonnes quantités de miel en réserve.

Ces pains sont plus difficiles à atteindre pour les abeilles et moins appétants que le miel : ils constituent une ressource de secours. Lorsqu’ils sont consommés, c’est que les colonies ont faim. De cette façon, je sais qu’une colonie est en difficulté, tout en étant assuré qu’elle puisse y faire face grâce à ce secours déjà présent. Habituellement, ces derniers hivers, ces pains ne sont pas ou peu consommés avant avril.

Cette année, pour quelques ruches, un premier pain a déjà été entièrement consommé dès le mois de janvier. L’hiver et ses aléas mettent les colonies à rude épreuve.

Le saviez-vous ? Les abeilles, comme beaucoup d’autres insectes, mais aussi les arbres de notre région, ont besoin d’hivers froids. Les hivers doux, de plus en plus fréquents, entraînent chez les abeilles une reprise d’activité en décalage avec la floraison. Pour les arbres, un déclenchement trop précoce de la floraison les expose davantage aux retours de gel printaniers.

Bref, tout semble déréglé. Les insectes comme les plantes s’épuisent davantage : moins de fruits pour les arbres, et pour les abeilles, moins de colonies capables de passer naturellement l’hiver.

À dans quelques mois pour la suite de cette histoire.

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