La terre a trop chaud ! par David B.
Chères marraines, chers parrains,
J’espérais vous apporter des nouvelles épatantes de la saison des abeilles, mais malheureusement la météo des derniers mois en a décidé autrement.
En effet, les événements climatiques extrêmes qui nous touchent ont profondément bouleversé les floraisons et le cycle naturel des abeilles. Notre vie quotidienne aussi a été marquée par 5 semaines d’incendies de forêt à Fontainebleau avec des feux d’une intensité effroyable. Heureusement pour nous, nous sommes restés à la maison et n’avons subi aucun dommage. Certains riverains des forêts du Sud-Ouest furent moins chanceux.
Actuellement, les humains sont à un carrefour, à cause du climat de la terre qui ne cesse de se réchauffer. Les choix stratégiques des prochaines années seront décisifs pour l’avenir. Nos habitudes de vie vont être bouleversées, notre apiculture, notre travail, les forêts, les champs, les jardins, les villes. Nous avons un avenir joyeux à réécrire, plus proche des dynamiques naturelles et du vivant, pour éviter de trop subir. Dans la dernière brève que je vous avais adressée, j’expliquais que toutes les conditions étaient réunies pour assurer une belle miellée d’acacias après le miel de printemps. Mais le manque d’eau et des températures supérieures à 40°C ont simplement supprimé toute chance de maturation des fleurs, et elles ont grillé. Les châtaigniers ont subi le même traitement et la belle floraison des tilleuls s’est arrêtée précocement. Les abeilles de mon petit rucher sont habituées à disposer des fleurs en forêt jusqu’au 14 juillet environ, mais cette année, la famine a commencé début juin. Inutile de vous dire à quel point elles ont souffert des chaleurs. J’ai laissé volontairement les hausses pleines de miel pour leurs besoins. Les températures sont fréquemment montées au-dessus des 40 degrés, sans jamais une goutte d’eau. Dans ces conditions, l’énergie déployée par les abeilles pour ventiler la ruche est énorme, et gourmande en miel. Les colonies ne suivent plus la cadence tant la ressource est rare dans la nature. Les reines ont dû arrêter la ponte, et certains essaims, n’ont pas survécu.
Cette année d’apiculture est la pire que je n’ai jamais vécue, car elle a eu un effet désastreux sur la santé de mes colonies d’abeilles.
Je continue de surveiller de près leurs ressources, car la pluie ne tombe pas depuis des mois, et l’espoir de floraison tardives comme la bruyère et le lierre s’estompe jours après jours.
Il faut faire confiance à la nature, mais j’espère vraiment qu’il pleuvra intensément en septembre pour leur permettre de se reconstruire avant l’hiver.
Je tiens à vous remercier chaleureusement, marraines et parrains pour votre soutien et votre fidélité. Votre engagement à mes côtés est précieux et permet de continuer à prendre soin de mes abeilles, même dans ces années particulièrement difficiles. 🐝💛
Je vous souhaite de bonnes et belles vacances d’été entourés de vos proches, et n’oubliez pas de manger du miel !
À bientôt pour d’autres nouvelles du rucher.
David