TRANSEO LOGISTIQUE
L'apiculteur : Philippe GIVET
Philippe a découvert l’apiculture dès l’enfance, lorsqu’il accompagnait son voisin visiter ses ruches et croquait à pleines dents les rayons gorgés de miel.
Ses études, puis sa vie professionnelle et familiale, l’ont un temps éloigné du monde des abeilles, avant de l’y ramener avec une conviction forte : les abeilles sont un maillon essentiel de l’équilibre de la biodiversité, et il nous appartient de tout mettre en œuvre pour préserver ces précieux pollinisateurs.
Biologiste de formation, Philippe mène aujourd’hui une apiculture respectueuse des abeilles et de la nature en Plaine de Saône, une plaine calcaire et limoneuse située à l’est de la Côte-d’Or. La diversité des paysages de bocage, les nombreux plans d’eau et les forêts de feuillus offrent ici une grande variété de plantes et d’arbres mellifères tout au long de l’année.
À la tête d’une soixantaine de colonies, ses ruchers sont pleinement intégrés à leur environnement : en lisière de forêts de tilleuls et d’érables ou dans des zones naturelles en bordure de rivières. Philippe travaille également avec des agriculteurs biologiques, dont les couverts végétaux (phacélie, trèfle, sainfoin…) sont particulièrement appréciés des abeilles lorsqu’elles constituent leurs réserves pour l’hiver.
Il pratique une apiculture raisonnée, sans transhumance, en laissant aux abeilles le temps et l’espace nécessaires pour produire des miels authentiques. Son objectif est clair : préserver la santé des colonies, garantir aux abeilles une alimentation diversifiée et abondante toute l’année et proposer des produits de qualité issus d’un environnement préservé.
Philippe est également formateur au sein d’un rucher-école, où il accompagne débutants comme apiculteurs expérimentés dans une démarche responsable, au plus près des besoins des abeilles. Il élève aussi reines et essaims, et les visiteurs accueillis sur ses ruchers peuvent ainsi découvrir le travail fascinant des colonies pour élever leurs futures reines.

Visite hivernale
Depuis le début du mois de janvier, la durée du jour augmente à nouveau. C’est le signe, pour les abeilles, de reprendre l’élevage des jeunes afin de préparer les colonies aux belles floraisons que le printemps nous offrira bientôt. La reine a commencé à pondre et la colonie doit maintenant augmenter la température interne de la ruche pour atteindre 34 °C, température nécessaire au développement des larves.
Le travail de l’apiculteur consiste à vérifier la reprise de la ponte en contrôlant l’augmentation de la température (en posant simplement la main au-dessus des cadres) et à s’assurer que les réserves de miel sont suffisantes : chauffer le couvain (l’endroit où sont élevées les larves d’abeilles) à 34 °C nécessite beaucoup d’énergie. En hiver, 80 % des réserves de miel servent à maintenir cette température et seulement 20 % à l’alimentation des abeilles.
Lorsque la température extérieure le permet (au-dessus de 8 °C), les abeilles profitent des chatons mâles des noisetiers qui commencent à fleurir. Leur pollen est une ressource indispensable à l’élevage des jeunes abeilles. C’est aussi le moment où l’apiculteur installe les abreuvoirs : les abeilles vont s’habituer à venir y chercher de l’eau et conserveront cette information toute l’année.

Le Bois des Dames
Installé en lisière du Bois des Dames, ce rucher a été créé en 2019 après une étude approfondie de la flore, afin d’assurer aux abeilles une diversité de ressources nectarifères tout au long de l’année.
Dès le mois de mars, les pruneliers fournissent les premiers nectars et pollens nécessaires à la sortie de l’hivernage, rapidement suivis par les pommiers et cerisiers sauvages des haies voisines.
En avril, la moutarde biologique, cultivée localement, offre un nectar abondant et riche en glucose. Le miel de printemps, récolté fin avril, est un miel crémeux, doux et fruité, particulièrement apprécié au petit-déjeuner et très apprécié des enfants.
Les floraisons d’acacia, d’aubépine, puis de tilleul prennent ensuite le relais, donnant des miels aux notes florales et mentholées. En été, les abeilles bénéficient de l’eau du ruisseau situé au pied du rucher, tandis que la forêt voisine apporte fraîcheur et ressources, même en période de sécheresse.
Les ronces en fleurs produisent alors un miel à la saveur chaude et intense, idéal en hiver. À l’automne, la floraison du lierre et des couverts végétaux semés par les agriculteurs prolonge l’alimentation des colonies jusqu’aux premières gelées, assurant ainsi un cycle apicole équilibré.
Que se passe-t-il ce mois-ci sur votre rucher ?
En février, la grappe d’hiver est toujours en place, mais son fonctionnement évolue.
Dès que les journées s’allongent légèrement et que les températures remontent ponctuellement, la reine reprend progressivement la ponte, souvent de manière très limitée au départ.
Cette reprise du couvain est un tournant important puisqu’ elle marque le...
