Des abeilles chamboulées... par Philippe C.
De retour de notre rucher d'hivernage dans le massif de l'Esterel, actuellement fermé au public... mais pas aux apiculteurs !
Nous bénéficions d'autorisations dérogatoires pour divers activités apicoles et nous avons donc pu nous rendre sur ce rucher dans la Forêt Domaniale de l'Esterel avec mon neveu Pacôme.
Etrangement pour un mois de mars dans l'Esterel, les ruches n'ont plus de réserves et nous avons dû les les sauver de la famine.
Malheureusement quelques-unes sont mortes et d'autres sont en triste état. Le mois de Janvier a été inhabituellement chaud et sec.
Mais comme il avait abondamment plu en décembre, il y a dû y avoir des entrées de nectar qui ont incité les reines à reprendre la ponte précocement, d'où augmentation anormale de la population à cette époque.
La chaleur, mais également la sècheresse ayant perduré en février, la nourriture s'est faite rare alors que les bouches à nourrir étaient anormalement nombreuses.
Encore une fois, une anomalie climatique imprévisible et inconnue.
Abondance de pluie en décembre et sécheresse et chaleur en janvier, février.
En Mars, refroidissement avec -7°C devant ma porte, et persistance de la sècheresse n'ont rien arrangé. Certaines floraisons étaient là -romarins, lavande maritime, mais pas la bruyère blanche
- hélas sans production de nectar.
Le côté positif, c'est que nous avons bivouaqué - c'est interdit, mais à circonstances exceptionnelles... !
- au milieu de ce paysage exceptionnel de l'Esterel , avec vue sur la mer et un silence que la Nature n'avait plus connu depuis probablement plusieurs siècles,
pour terminer notre mission et éviter un déplacement supplémentaire -à trois heures de mon domicile-.
Comme une ambiance d'éclipse à période de retour pluriséculaire, de passage de comète....
Sensation d'être des privilégiés, avec une pensée de compassion pour tous ceux qui vivent confinés, et pas toujours dans des conditions décentes, ici et ailleurs...
sur cette planète qui est peut-être en train de nous dire qu'il est temps d'arrêter nos caprices d'enfants gâtés, insatiables et irresponsablement hyperconsommateurs.
Les abeilles en cent millions d'années d'évolution en ont certes vu d'autres...