Une saison en enfer… par Manuel V.

Manuel V.

Bonjour à toutes et à tous,

Quel mois de mai horrible pour les abeilles et pour l’apiculteur ! J’ai l’impression de vivre un cauchemar depuis début avril, de faire la même chose tous les jours et de constater avec la même impuissance la famine dans les ruches…

Je suis en train de vivre exactement le même scénario qu’en 2021, mais en pire car j’ai beaucoup plus de ruches. En effet, un gel tardif fin avril 2021 (presque -10 degrés) avait tout détruit et la nature avait mis plus d’un mois à s’en remettre. Et bien, au moins je savais à quoi m’attendre. De toute façon, les abeilles ne pouvaient pas vraiment sortir à cause des températures trop froides et surtout de la pluie. Encore 198 mm du 1er au 26 mai, ce qui en fait le mois le plus humide de 2024 pour atteindre, accrochez-vous bien, 1860 mm de précipitations en 1 an et 1 mois.

Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est la végétation qui a gelé après un départ très précoce. Même les chênes et les châtaigniers ont eu les feuilles et boutons floraux impactés. Ce qui donne un paysage très étrange ici avec des arbres bien verts et d’autres marron, brûlés par le gel…

Et même les journées un peu plus ensoleillées auront aggravé les choses car les abeilles, ne trouvant rien à butiner, se fatiguent et consomment beaucoup de réserves pour zéro nectar récolté, juste un peu de pollen…

Je passe donc mes journées depuis presque 2 mois à remplir les nourrisseurs de sirop. J’ai déjà apporté plus de 2 tonnes de sucre aux abeilles (immédiatement consommées) et je suis en train de me ruiner financièrement… Le tout sous la pluie et dans la boue, sinon ce n’est pas drôle…

La météo est responsable d’une grande partie des dégâts, mais je dois aussi de mon côté travailler beaucoup plus à améliorer la génétique de mes abeilles et les rendre plus réactives, résilientes et résistantes aux conditions climatiques de plus en plus extrêmes… Je dois donc sélectionner les meilleures souches et essayer de les multiplier tout en supprimant les moins bonnes en changeant les reines…

Toujours pas d’amélioration en vue. Les ronces vont bientôt fleurir et j’espère revoir un peu les cadres se remplir naturellement de nectar.

Et pour couronner le tout, les abeilles se sentant à l’étroit dans les ruches (dû à l’impossibilité d’ouvrir les ruches pour les contrôler et aussi à cause de la météo) ont décidé d’essaimer en masse le même jour du 24 mai. J’ai récupéré 4 essaims ce jour-là dans les arbres… je vous envoie des photos.

Voilà, passons aux bonnes nouvelles maintenant : l’herbe est bien verte et la nature ne souffre pas de sécheresse ni de chaleur (pour l’instant) et les abeilles sont toujours vivantes (mais à quel prix ?…).

À bientôt,

Manuel.

       

 

 

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