C’est parti pour les abeilles!!! par Manuel V.

Manuel V.

Le soleil arrive et les abeilles sont prêtes à butiner le fameux pissenlit et les arbres fruitiers pour donner ce miel original et si particulier. J’espère qu’il y en aura un peu cette année : il n’arrive jamais en grande quantité car les ruches ne sont pas encore assez populeuses pour la saison, mais il est grandement apprécié…

Le bilan de l’hiver est toujours plutôt positif, avec environ 15 % de pertes et de “non-valeur”, ce qui va me permettre de repartir sur cette saison de façon sereine et aussi de vendre plusieurs essaims à des apiculteurs amateurs adeptes d’abeilles noires.

Je vais aussi me lancer dans les prochains jours dans l’élevage d’abeilles noires. Il faudra, comme chaque année, créer une double ruche superposée dans laquelle on aura pris soin d’enlever la reine du dessus et d’y intercaler un plateau “CLOAKE”, du nom de l’inventeur australien, muni d’une grille à reine (qui empêche la reine du bas de remonter dans la partie supérieure mais pas les abeilles) et d’une fente spéciale pour y glisser une plaque métallique de séparation (afin de créer un orphelinage artificiel).

Je vais pouvoir ensuite prélever, dans une ruche “souche”, des larves de moins de trois jours que je vais introduire dans des cupules, grâce à un procédé de prélèvement qui s’appelle le “picking”, puis introduire les barrettes de larves dans la partie haute de la ruche éleveuse, qui aura été préalablement “orphelinée” grâce à la plaque métallique quelques heures auparavant, en prenant soin aussi d’avoir fermé la porte d’entrée du bas pour éviter que les abeilles, orphelines ou non, ne se mélangent.

Cinq jours plus tard, je récupérerai les cellules royales operculées pour terminer leur croissance dans une couveuse et, à J+10, je les introduirai sur un cadre de couvain prélevé (en prenant soin de ne pas prendre la reine) dans une des ruches sur mon terrain, avec un autre cadre de nourriture et les abeilles qui sont dessus bien sûr, le tout dans une ruchette. La reine naîtra, si tout va bien, le lendemain et des abeilles orphelines l’accepteront sans problème.

Les abeilles sont des insectes eusociaux (la forme de vie sociale la plus évoluée), qui se caractérise par l’existence d’une coopération dans les soins aux formes immatures, le chevauchement d’au moins deux générations et la présence de femelles spécialisées dans la reproduction, tandis que les autres femelles s’investissent dans d’autres tâches. L’eusocialité ne se limite pas seulement à partager des efforts collectifs (dont les humains devraient sûrement s’inspirer), c’est un phénomène qui structure profondément la biologie et le comportement des espèces concernées. On observe chez les abeilles une division du travail incroyablement spécialisée, incluant le soin aux jeunes, la reproduction, la défense de la colonie, la recherche de nourriture, la construction et l’entretien du nid…

La reine ne dirige pas les autres : elle indique simplement sa présence grâce aux phéromones et effectue sa tâche (pondre) toute sa vie. Les abeilles sont toutes égales les unes par rapport aux autres… Inspirant ?

À bientôt,
Manuel

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