Nouvelles estivales de votre apiculteur par Denis S.
Chère marraine, cher parrain,
Quelques nouvelles de votre apiculteur en ce milieu d’été.
Si les abeilles sont épargnées par la crise sanitaire et la pandémie que nous traversons actuellement, elles ne sont pas épargnées par les conséquences des changements climatiques et en tout cas par l’étrange météo de cette non moins étrange année 2021.
L’hiver a été dramatique (survie des frelons asiatiques jusqu’au 10 Décembre et prédation très importante sur les abeilles impliquant de nombreuses pertes de ruches), le printemps a été catastrophique (vent de Nord-est en Avril , pluie et températures basses le reste du temps) et l’été est dans la continuité.
Durant le printemps, j’ai malgré tout réussi à élever des essaims pour compenser les pertes hivernales de ruches, mais entre la météo et les exigences du cahier des charges AB (récolte uniquement de cadres operculés de hausses), les récoltes ont été insignifiantes.
En effet, avec le mauvais temps, les abeilles disposent de peu de temps pour récolter du nectar et comme les populations sont importantes, durant le confinement elles consomment le peu de nectar stocké.
Il convient en effet de rappeler que l’apiculteur (du moins celui qui est soucieux de la santé de ses abeilles) ne récolte que les excédents de miels non consommés et non nécessaires au bien être de la colonie.
Ainsi avec cette météo catastrophique et l’absence d’excédents, il y'a eu peu de récoltes. Certains apiculteurs sont obligés de nourrir leurs ruches et la tendance nationale de la campagne 2021 laisse présager une forte diminution des volumes de miels récoltés en France (division par 10 des récoltes pour plusieurs apiculteurs rencontrés)…
Si ce n’est en miellerie, le travail des apiculteurs n’est pour autant pas diminué… au contraire nous devons redoubler d’efforts au niveau du suivi sanitaire (les risques de développement de maladies sont très importants du fait de l’humidité et du travail de récolte perturbé)pour suivre des essaims dont le développement est long (mauvaises fécondations) et en vue de produire quand même un peu de miel (transhumances).
Bien sûr, les abeilles et moi vous réservons nos meilleures productions !
Je déplore que la météo compliquée (ainsi que les confinements et contraintes sanitaires) n’aient pas permis de vous inviter cette année pour des visites de ruchers. Dans la mesure où le contexte n’est pas aux regroupements importants, je vous propose de me contacter individuellement si vous avez des envies de visites de rucher et l’occasion de passer en Nord Charente, je ferai au mieux pour vous recevoir et, si la météo le permet (!), vous accompagner en visites de ruches.
En cette saison compliquée, il est heureux de constater que nos chères abeilles ont heureusement encore des capacités de résilience ; l’essaimage a été très important cette année. D’une part la météo défavorable à dû les inciter à se multiplier, d’autre part, sachant que les apiculteurs ont du mal à produire des essaims (mauvaises fécondations, pertes de reines, etc. du fait du temps changeant) ce nombre important va permettre d’absorber les pertes.
Par ailleurs, les frelons asiatiques ne sont absolument plus visibles depuis le début du mois de juin avec peu d’observations d’attaques sur les ruches. Le mauvais temps a dû être très défavorable à leur survie. Espérons qu’ils laissent nos abeilles tranquilles cet automne !
Malgré ce contexte difficile, la Ferme Apicole et éco-logis de la Vallée de l’Or poursuit son développement. D’une part, nos actions de conservation de la biodiversité locale se structurent et avancent correctement et je pourrai vous en dire plus dans quelques temps. D’autre part, une bande d’agnelles Solognotes va bientôt arriver à la ferme pour le lancement d’un atelier de diversification. Heureux de participer à la conservation de cette race à faible effectif !
En espérant, chère marraine, cher parrain que ces quelques nouvelles de votre apiculteur vous trouvent en pleine santé ainsi que les vôtres,
Merci pour votre soutien,
Sincères salutations,
Denis