Nouvelles de nos ruches - saison 2025 par Jorris V.B.

Jorris V.B.

Chers parrains et marraines,

Je prends enfin un moment pour vous donner des nouvelles de nos ruches et de cette saison 2025 – qui n’a pas été de tout repos.

L’année a bien commencé, avec un printemps plutôt favorable. Nous installons une petite partie du cheptel sur le littoral où les abeilles profitent notamment de la bruyère blanche en début de printemps. Cette miellée commence parfois au mois de mars et peut s’étendre jusqu’en fin avril si les conditions sont favorables. Cette année, les conditions ont été favorables surtout en fin de miellée et les ruches ont fait une récolte record sur cette floraison.

Les floraisons en montagne en fin de printemps ont été très variables d’un secteur à l’autre, et donc les récoltes ont été globalement correctes, avec une belle surprise : une partie de ce miel récolté s’est révélé être du miel de thym monofloral. Comme ce miel est très compliqué à faire – d’autres plantes fleurissent souvent juste avant ou après (et parfois en même temps) et donc c’est difficile de le séparer des autres floraisons – ce miel est systématiquement envoyé à des laboratoires spécialisés qui réalisent des analyses précises, notamment des comptages de pollens au microscope. Le miel qui est récolté en fin de miellée est souvent « déclassé »: même s’il est excellent nous ne pouvons pas l’appeler « miel de thym » et donc nous l’appelons alors « miel de montagne de printemps ». Notre miel de montagne de printemps est ainsi toujours dominant en thym.

Si le printemps a été globalement réussi, ce n’est pas le cas pour l’été qui a été très difficile. En montagne, les rentrées de nectar se sont arrêtées nettes avec la sécheresse, et nous n’avons rien récolté sur nos emplacements d’altitude. Sur le plateau de Valensole, la situation n’a guère été meilleure : peu de nectar, beaucoup de vent et de chaleur, les fleurs ont souffert et les abeilles aussi. Nous avons heureusement pu récolter un peu de miel, mais la récolte a été parmi les plus faibles que nous ayons connues.

Ces conditions ont rendu l’hivernage compliqué : les colonies sont sorties affaiblies, certaines ont eu du mal à refaire leurs réserves, et nous devons redoubler de vigilance pour les aider à se préparer à l’hiver dans les meilleures conditions possibles. En effet, l’automne est une période clé de la saison : c’est le moment où les abeilles d’hiver sont élevées dans les ruches et ce sont celles qui doivent passer tout l’hiver pour redémarrer la colonie au printemps. Ces abeilles doivent donc être élevées dans les meilleures conditions possibles et pour cela la ruche nécessite d’amples sources de nourriture – nectar, mais surtout aussi pollens. Si l’un ou l’autre vient à manquer, la ruche entre en hiver affaiblie et risque de ne pas survivre aux conditions hivernales surtout si celles-ci sont rudes.

Ce qui a également marqué cette saison, c’est le fait que nous avons constaté plus de problèmes sanitaires que d’habitude. Des virus et bactéries ont circulé dans plusieurs ruchers, probablement favorisés par la faiblesse des colonies. Cela demande beaucoup de travail d’observation, de soins et de prévention – et malheureusement, malgré tous nos efforts, nous avons perdu des ruches.

Malgré tout, nous restons confiants et passionnés. Chaque saison nous apprend quelque chose de nouveau et nous rappelle à quel point notre travail avec les abeilles est fait d’humilité et d’adaptation. Vos parrainages nous aident à traverser ces périodes plus rudes – merci du fond du cœur pour votre fidélité et votre soutien.

Nous espérons que les pots de miel que vous recevrez cette année sauront tout de même vous régaler et vous rappeler la richesse du travail des abeilles, même quand la nature se montre capricieuse.

Prenez soin de vous, et à très bientôt pour une nouvelle saison parmi les abeilles.

Jorris, Tiffanie, Roua et Anthéor.

Voir toutes les actualités de Jorris V.B.

Voir toutes les actualités