Bilan de saison par Philippe C.

Philippe C.

Chers parrains,

Bonjour à vous !

Je vous dresse le bilan de la saison apicole qui vient de s’achever…
Les résultats de sortie d'hivernage trouvent souvent leurs causes quelques mois plus tôt :

Les conditions climatiques cette année ont été favorables au développement des varroas, avec efficacité ou non des traitements d’été…
Et par conséquent sur le développement des colonies d'abeilles, dès la fin de l'été et en automne.
Les conditions de sècheresse exceptionnelles, depuis la fin du printemps jusqu'à des dates avancées de l'automne, apparemment non connues de mémoire d'homme en zone méditerranéenne (je n'ai en ce qui me concerne que 40 ans de recul) et plus particulièrement dans son extrémité Est de la France où nous nous trouvons, ne laissaient pas beaucoup de place à l'optimisme.
Le stress hydrique subi par la végétation a marqué le paysage. Dans les Gorges de Daluis, site de schistes permiens rouges ou pélites, particulièrement rocheux, avec des sols très superficiels, de nombreux pins sont roussis, des chênes ont tourné de l'œil dès la fin de l'été. Des pans entiers de montagne couverts de buis ont viré brutalement au jaune pâle, caractéristique du dépérissement.
Il est difficile d'évaluer à l'heure actuelle l'étendue des dégâts dans la végétation arbustive et herbacée - cerisiers de Ste Lucie, amélanchiers, genêts, thym, sarriette...
Ces conditions extrêmes auraient dû être particulièrement défavorables aux abeilles....

Et pourtant, nous constatons une mortalité encourageante pour de l'apiculture biologique de 15 - 20%, tant dans les Gorges de Daluis (où nous n'hivernions plus depuis plusieurs années) que dans l'Esterel, alors que depuis une dizaine d'année nous connaissions des pertes hivernales de 40 à 70%. A croire que les abeilles sont plus résilientes que leurs parasites. A noter que nous avions également un taux de reines de l'année plus élevé que de coutume grâce au développement de l'élevage de reines. Il est bien connu des apiculteurs - surtout les transhumants - que depuis au moins une décennie, les colonies ont du mal à survivre deux hivers consécutifs avec la même reine.

Les conditions de sortie d'hiver et de début de printemps sont également exceptionnelles : mois de Mars très froid avec importantes chutes de neige. Environ un mois de retard de végétation par rapport à une année précoce comme 2017 qui après un début Avril prometteur a connu le scénario catastrophe, fortes gelées fin Avril puis sècheresse sévère.

Les colonies survivantes sont donc à un stade de développement très tardif à l'image du climat. Mais si l'on dit "Noel au balcon, Pâques aux tisons", je me risque à dire pour l’apiculture : "Pâques aux tisons, St Jean, miel plein les rayons" Les printemps tardifs (surtout s’ils sont humides, mais sans exagération) ont l'avantage de retarder les floraisons et de les concentrer à une période où la température est plus élevée et les jours plus longs. Ce n'est pas un hasard si l'apiculture canadienne où les floraisons de printemps sont décalées vers le solstice d'été connait des récoltes record. Les printemps précoces ont l'effet inverse, augmentent les risques de gel en floraison et augurent rarement d'une bonne récolte. L'élevage de reines lui, répond à une autre logique. Il y a des délais incompressibles qui ne permettent pas en cas de printemps tardif d'obtenir des colonies productives pour les miellées de fin de printemps et d'été.

En résumé, bon hivernage et malgré des colonies faibles pour l'époque, de bonnes perspectives, sachant toutefois que l'on ne vend pas le miel avant de l’avoir récolté et que la végétation mettra plusieurs années à se remettre du traumatisme 2017.
Je vous dis donc à très bientôt et gardons espoir car la Nature est étonnante !

Philippe

 

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