Quelques nouvelles de votre apiculteur par Philippe C.
Chères marraines, chers parrains,
L’année 2020 aura été une année de transition. Jorris et Tiffanie, qui travaillaient et vivaient avec moi depuis 4 ans, ont quitté Villetale Haute en 2019 et Jorris a cessé de s’occuper de mes ruches fin 2019. Ce n’est donc qu’au prix d’un surmenage permanent, sept jours par semaine et quinze heures par jour que j’ai pu mener de front mes diverses activités en 2020. Je vous prie donc de m’excuser si je n’ai pas pu être ponctuel dans l’envoi des photos des ruches et des informations sur le déroulement de la saison apicole.
A mon retour de mes migrations hivernales au Guatemala, début Mars, j’ai retrouvé mon cheptel dans le massif de l’Esterel, dans un piteux état. Plus de réserves de miel ni de pollen dans les ruches, donc retard de développement des colonies et risque de disette. Si certaines raisons, sur lesquelles je ne souhaite pas m’étendre, sont d’ordre humain, il y en a d’autres qui sont d’ordre ou plus exactement de désordre climatique. Après un début d’hiver très arrosé fin Novembre et courant Décembre qui augurait de bonnes conditions de floraison et donc d’entrées de pollen et éventuellement de nectar, il a règné sur le littoral des conditions de sècheresse et de température hivernale inconnues de mémoire d’homme. Ainsi la sècheresse s’est poursuivie en Mars alors qu’habituellement le maquis explose de fleurs de romarins, cistes et bruyères blanches. Les reines qui avaient repris la ponte début janvier avec les conditions favorables ont contribué à augmenter les populations alors que le déficit en eau croissant réduisait les espoirs de miellées printanières toujours au rdv. J’ai pu sauver l’essentiel du cheptel mais au prix d’un retard de développement pénalisant pour le reste de la saison. J’ai remonté mes ruches dans les Gorges de Daluis en Avril avec les premières pluies tardives du printemps qui, finalement, furent trop abondantes pour permettre une récolte satisfaisante. Il ne me restait plus qu’à avoir foi dans mon dicton apicole : « pâques au tison, St Jean miel plein les rayons »

Et les champs de lavandes de Puimoisson (04) sous l’effet de cette abondance en pluie se sont développés comme je ne l’avais jamais vu en 25 ans d’apiculture.
Cerise sur le gâteau, 100mm de pluie la première quinzaine de Juin, juste avant la floraison. Des conditions optimum, menacées par le seul risque d’un coup de mistral qui ne vint point. Les hampes florales étaient d’une telle longueur et les épis floraux tellement chargés, qu’elles s’inclinèrent vers le sol en un amoncellement de fleurs dans lesquels les abeilles se sont gavées dès le début de la floraison.

Les balances électroniques se sont affolées dès le 25 Juin et sur certaines zones des gains de poids de 60 kgs ont été enregistrés. Une telle manne n’avait pas été observée de longue date, d’autant que l’ultra-mécanisation des récoltes des lavandiers depuis une trentaine d’années n’a cessé de raccourcir le temps de butinage sur la lavande.
Toutes mes ruches n’ayant pas complètement terminé leur développement du fait des retards consécutifs au mauvais hivernage, je n’ai pas pleinement profité de cette miellée providentielle. Mais, si, début Mars, les dieux du vent, de la pluie et du soleil m’avaient promis une telle récolte j’aurais signé des deux mains. D’autant plus que grâce à des transhumances ciblées, sur de petits ruchers, adaptés au stade de développement de mes ruches, j’ai pu aussi exploiter des miellées tardives de floraisons de printemps dans les Gorges de Daluis.
Aussitôt la récolte de lavande terminée fin juillet, j’ai rapatrié mes ruches vers la montagne, aux conditions estivales plus clémentes, avec des orages dans les Gorges et à Valberg à 1700m d’altitude dans l’espoir d’une miellée de sarriette, toujours hypothétique, avec les arrières-saisons méditerranéennes vouées à la sècheresse.
En 2021, je vais reprendre l’apiculture et la production d’huiles essentielles à plein temps avec un certain nombre d’innovations que je vous détaillerai dans un bulletin d’information ultérieur.
Bonne fin d’été et rdv pour les portes ouvertes à la ferme, probablement première semaine d’octobre.

Message des abeilles vraies au monde des mutants !!

Message d’un homme fatigué après 36 heures sans sommeil.

Message de la Nature au monde des mutants Lys Martagon à 2000m d’altitude.