13
Sep
2022

Fraude au miel : comment reconnaître le vrai miel ?

Le miel est un produit qui manque de transparence et qui est trop souvent trompeur pour le consommateur.

Un pot sur 3 vendu en grande surface est frauduleux : origine trompeuse, ajout de sirop de sucre, de fructose ou d’eau qui altère sa composition et ses bienfaits… Le miel est le 3ème produit le plus frelaté au monde après l’huile d’olive et le lait.

Bien que la loi relative à la transparence impose de faire apparaître les origines de manière claire sur les pots de miel, les magasins étalent encore dans leurs rayons une multitude de produits dont la traçabilité est souvent vague…Pire encore, certains visuels sur les étiquettes sont trompeurs et c’est hélas souvent intentionnel.

Petit exemple vu récemment : Sur une étiquette en sépia on aperçoit le portrait d’une apicultrice française souriante en tenue de protection devant une ruche. Un texte en citation :

 « Mon grand-père était apiculteur, mon père est apiculteur et j’ai à cœur de perpétuer le savoir-faire ancestral des générations avant moi. »

Quel beau tableau me direz-vous.

Certains s’arrêteront là et se diront « ça c’est un miel de qualité ! »

Et puis voilà une mention à peine lisible tant les caractères sont petits : « Origine : voir au bas du pot ». Et là c’est la douche froide. Voilà qu’on lit sur ce même pot, qui donnait envie quelques instants auparavant, « Origine : Roumanie : 50%, Ukraine 29%, Chine : 10%, Espagne 10% et France : 1% ».

Le tout pour 4,50€ TTC. Comment les apiculteurs français peuvent-ils faire face à une telle concurrence ? Et comment le consommateur peut-il être autant trompé sur le produit qu’il achète ?

Afin de vous aider à différencier le bon miel du mauvais, nous avons réalisé cet article mettant en avant les techniques utilisées dans le but de tromper le consommateur. De quoi vous permettre de devenir un as de la chasse aux fraudes.

Quelques informations sur la consommation de miel en France

Les Français consomment entre 40 et 45 000 tonnes de miel. Pourtant la France n’en produit que 10 à 15 000 tonnes. Les causes : la sécheresse et les pesticides mais aussi les produits bas de gamme et peu chers qui évincent les apiculteurs français. L’importation étant nécessaire, il n’est pas question de la remettre en cause. Cependant, il est important de constater que certaines pratiques utilisées pour la production de miel, sont dans de nombreux pays, aux antipodes des pratiques de nos producteurs locaux.

Il existe diverses fraudes qu’il est important de prendre en compte dans le choix de son pot de miel et voici les plus importantes.

Le miel de synthèse

La Chine est connue comme étant le plus grand producteur de miel. Pourtant si elle produit bien évidemment du miel, elle est aussi connue hélas pour sa production de miel de synthèse.

Un peu d’histoire

En avril 1960, Mao Zedong décide de mettre en place la campagne contre les « 4 nuisibles », après avoir constaté que les moustiques, mouches, rats et moineaux perturbaient le pays. N’ayant pas conscience que cette action allait « casser » la chaine alimentaire, il provoqua la prolifération de nuisibles. Afin de les éliminer, un épandage massif de pesticides fut mis en place dans le pays et sur les champs agricoles. Une action qui ne fut pas sans conséquences. En effet, celle-ci provoqua la disparition partielle voir totale des abeilles dans certaines provinces comme celle de Sichuan.

N’ayant plus assez d’abeilles pour la production de miel, la Chine dut trouver de nouvelles alternatives.

Des recherches ont permis de découvrir qu’il était possible de réaliser du miel de synthèse à l’aide de sucre, d’eau, de colorants, de sirop et d’enzymes. Une pratique utilisée en Chine qui revend des tonnes de sirop, sous l’appellation « miel » à des prix imbattables.

Le miel adultéré

Ce miel chinois, à bas coût, est mélangé aux miels des autres pays afin d’assurer un goût et une couleur stable au produit qui sera conditionné puis vendu en grande surface. Cette technique empêche donc la traçabilité du produit. C’est par exemple le cas de l’Espagne qui ne possède pas de règlementation sur l’étiquetage et l’origine du miel et qui peut donc mélanger les miels sans pour autant préciser leur provenance.

Pour un consommateur lambda, il est très difficile de voir la différence mais il y a tout de même certains points permettant de le repérer :

  • Il n’y a pas d’indication florale hormis la dénomination « toutes fleurs »
  • L’origine géographique du produit n’est pas mise en évidence
  • La mention la plus souvent utilisée est « mélange de miels originaires de l’UE et hors UE »

Le miel altéré

Pour le côté pratique, de nombreux consommateurs choisissent des pots de miel possédant un système de pompe. Ils sont, en effet, moins salissants mais sont-ils meilleurs ?

En effet, la cristallisation est un phénomène naturel du miel qui semble compliquer sa commercialisation.

En France, la règlementation indique que la chauffe du miel ne peut pas excéder les 40°C. Cependant, cette règle n’étant pas présente dans tous les pays, certains en profitent pour le surchauffer, jusqu’à 70°C. Ceci permet d’empêcher la cristallisation en « cassant les cristaux du miel ». Une pratique qui altère la qualité du produit. Le miel perd son goût, ses vertus ainsi que ses qualités initialement présents.

Pour plus d’information sur la cristallisation du miel, vous pouvez consulter l’article suivant : Le miel dans tous ses états

Au-delà de ces différentes fraudes, il existe aussi de nombreuses pratiques de production et de récolte qui ne correspondent pas aux valeurs de nos apiculteurs locaux.

Les États-Unis et la récolte intensive

De nombreux apiculteurs américains sont malheureusement attirés par la production massive et le gain financier qui en découle. Pour cela, ils utilisent des pratiques de récolte souvent douteuses et mettant en danger la vie des abeilles.

Afin d’obtenir de meilleurs rendements, les apiculteurs utilisent la technique des ruchers itinérants. Ils se déplacent au fil de l’année dans les régions américaines les plus propices à la pollinisation. Leur objectif étant de produire un maximum de miel. Cependant, cette pratique n’est guère en accord avec la santé des abeilles qui est remise en question suite à l’utilisation intensive de pesticides et la surreprésentation de colonies étrangères, propice à la prolifération de maladies et de parasites.

Soucieux de l’efficacité de leurs colonies, certains professionnels (pour nous, ce ne sont pas des apiculteurs) nourrissent les abeilles d’eau sucrée et d’antibiotiques.

Une pratique ayant un double impact : la maltraitance des abeilles dans un premier temps mais aussi la médiocrité du miel vendu qui se retrouve chargé de résidus de médicaments.

L’impatience des producteurs chinois

L’operculation d’un miel est le signe que celui-ci peut être récolté. Le miel étant composé d’eau, les abeilles le ventilent à l’aide de leurs ailes dans le but de réduire le taux d’humidité. C’est une fois cette ventilation réalisée que le miel est operculé par des alvéoles de cire afin de garantir une meilleure conservation.

En Chine, cette étape de la fabrication du miel est souvent mise de côté. En effet, afin d’obtenir une quantité importante de miel en très peu de temps, les apiculteurs et/ou producteurs font le choix de récupérer le miel avant même que celui-ci ne soit operculé. 

La règlementation française accepte entre 17% et 20% de taux d’humidité. En effet, le processus d’operculation permet de conserver le miel correctement. Sans cette étape, le miel va fermenter en quelques mois, voire en quelques semaines pour certains.

L’importation de miel et sa provenance ne sont pas à remettre en cause. Cependant les pratiques et règlementations mises en place à l’étranger ne correspondent pas aux valeurs de nos apiculteurs locaux. Chez Un Toit Pour Les Abeilles, nous avons à cœur de soutenir leur démarche responsable et respectueuse des abeilles et de l’environnement.

Nos producteurs locaux

Les apiculteurs du réseau Un Toit Pour Les Abeilles sont engagés dans une démarche de sauvegarde des abeilles.

Au-delà du respect de ces petites bêtes, ils ont pour souhait de vous garantir un miel de qualité en prenant soin des ruches et en attachant une importance particulière à la récolte du miel.

Les apiculteurs que nous soutenons récoltent des miels, reflets des terroirs environnants leurs ruchers. Ces miels ne subissent aucun mélange, aucune altération et sont certifiés 100% français.

Le miel récolté provient exclusivement des hausses, le corps de la ruche est laissé aux abeilles afin qu’elles puissent bénéficier des réserves nécessaires de miel durant leur hivernage.

Afin de satisfaire les règlementations, les apiculteurs prennent soin de ne récolter que du miel bien operculé permettant de garantir un taux d’humidité compris entre 17% et 20%.

C’est donc pour tout ce travail méticuleux que nous souhaitons aider les apiculteurs locaux, en mettant en avant leurs récoltes. Alors joignez-vous à nous pour les soutenir et choisissez de consommer local !

Source : Des abeilles et des hommes

14 commentaires »

  • Je ne me voile pas la face, ces pratiques sont devenues courantes et ce, dans tous les domaines alimentaires. Les « accidents » de fabrication en découlent de façon logique…
    Je suis parrain (et fier de l’être), je préfère payer un miel plus cher afin d’avoir un produit de qualité, fait dans les règles de l’art et dans le respect de nos chères butineuses.
    Pour avoir visité un apiculteur du réseau, je sais que ce sont des passionnés, heureux de partager leur travail et ce bon miel.
    Je participe depuis un bon moment maintenant, renouvelé chaque année pour soutenir ces apiculteurs et ce réseau. Merci à vous, merci « un toit pour les abeilles » pour nous tenir informés.
    Je me restreint au miel produit par mes abeilles et ça me convient très bien comme cela.

    Commentaire | 13 septembre 2022
  • Bonjour
    Je me suis permise de partager sur mon profil Facebook pour deux raisons :

    permettre d’acquerir du VRAI miel meme si plus cher en acheter moins mais du bon

    Faire comprendre l’interet du parrain nage de ruches .

    Commentaire | 13 septembre 2022
  • Eric

    Bonjour,
    C’est étrange, vous vous dites connaisseurs de l’apiculture française, mais vous semblez ignorer que chez nous aussi, on pratique la transhumance.

    Commentaire | 14 septembre 2022
  • Excellent article accessible au consommateur lambda. Ceci explique pourquoi les bons professionnels ont tant de mal à vendre leur production alors que la demande est supérieure à l’offre.

    Commentaire | 14 septembre 2022
  • Bonjour Eric,
    Merci pour votre commentaire. Nous savons en effet que la transhumance s’opère aussi sur les ruchers français. Cela est nécessaire et bien réalisé. Ca permet notamment aux abeilles de ne pas vivre de disette ou famine, notamment en monoculture.

    Toutefois il y a transhumance et transhumance. Celle que nous pointons du doigts, c’est la transhumance d’un état à l’autre des Etats-Unis. plus de 2500km soit entre 48 et 72h en camion, sans possibilité de sortir, ne serait-ce que pour réaliser les vols de propreté. Les abeilles vivent un stress énorme, meurent souvent de manque d’air…
    Le film « Des Abeilles et des hommes » explique bien les dérive de cette transhumance extrème.

    Commentaire | 14 septembre 2022
  • Bonjour Catherine,
    Nous vous remercions pour votre message. En effet, c’est l’enjeu de l’article de rendre simple la problématique autour de la production et la vente de miel en France. Nous avons à cœur de vous expliquer les choses simplement afin de vous aider à comprendre le monde du miel et de l’apiculture
    L’équipe Un Toit Pour Les Abeilles

    Commentaire | 14 septembre 2022
  • Bonjour,
    Nous vous remercions pour votre message et votre partage. Il s’agit typiquement du genre de geste qui nous permet de répandre un peu plus notre message chaque jour.
    L’équipe Un Toit Pour Les Abeilles

    Commentaire | 14 septembre 2022
  • Bonjour Vincent,
    Nous vous connaissons et savons que vous faites partie de nos parrains historiques. Nous sommes très reconnaissant de recevoir autant de soutient de votre part et apprécions votre gentillesse. C’est grâce à vous et tant d’autres parrains que la famille Un Toit Pour Les Abeilles perdure et s’intensifie.

    Nous sommes très heureux de vous compter parmi nous,
    L’équipe Un Toit Pour Les Abeilles

    Commentaire | 14 septembre 2022
  • Sandra

    Merci pour cet article instructif pour les débutants! La lecture de l’étiquetage est en effet un parcours du combattant, tout autant en grand magasin qu’en boutique bio. J’ai récemment vu un reportage sur Arte expliquant que le concept de l’apiculture est né en Roumanie, j’ose espérer que ce n’est pas un mensonge…

    Commentaire | 14 septembre 2022
  • Lavergne

    Le miel monofloral n est d ailleurs pas bon pour l abeille il faut revenir à l AOP et aux races d abeilles locales (la noire et uniquement la noire) la Buckfast n est qu un trompe l’œil génétiquement cela peut s avérer un désastre écologique

    Commentaire | 14 septembre 2022
  • Bonjour,
    Pas de panique, le miel monofloral n’est pas mauvais pour les abeilles. En revanche, les abeilles ayant besoin de butiner toute l’année, il se peut que cette activité soit compromise lorsqu’il ne s’agit pas de la saison à laquelle les fleurs du champ ne sont pas propices à la pollinisation. Les abeilles couvrant un rayon d’environ 4km autour de la ruche, elles auront l’opportunité de se créer des réserves à base d’autres fleurs.

    L’équipe Un Toit Pour Les Abeilles

    Commentaire | 15 septembre 2022
  • Bonjour Sandra,

    Nous vous remercions pour votre soutien. Il est très important de savoir lire l’étiquette d’un pot de miel et nous avions à coeur de vous aider à comprendre simplement les composantes de celle-ci.
    Pour ce qui est de la naissance de l’apiculture, celle-ci a vu le jour en Egypte. Il y a environ 2 400 an av JC dans le temple solaire d’Abou Ghorab, le premier témoignage d’apiculture est apparu sur des bas-reliefs.
    En revanche, il s’agit de l’apithérapie qui est né en Roumanie. Il s’agit de l’utilisation des produits de la ruche pour le bien-être et la beauté.

    L’équipe Un Toit Pour Les Abeilles

    Commentaire | 15 septembre 2022
  • Anne

    Merci à tous pour votre combat! Ne lâchez rien! l Abeille se donne du mal pour nous donner un vrai trésor qu est le Miel
    Alors il est naturel pour nous les humains de la protéger ! Je travaille en crèche et je leurs transmet déjà à mes « petits loulous » de protéger et chérir nos magnifiques abeilles !a l aide de jolies histoires !
    Joli logoEric!

    Commentaire | 24 septembre 2022
  • Un grand merci pour votre message Anne. Merci à vous également de sensibiliser les générations qui nous succèderont à l’importance de protéger notre biodiversité environnante.
    Merci pour tout votre soutien.

    Commentaire | 26 septembre 2022

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