29
Sep
2016

Évolution de la récolte de Miel en France

Comme vous l’avez probablement lu dans la presse ou au travers des nouvelles de vos apiculteurs, nous sommes en train de vivre notre pire saison apicole !

Nous pensions le désastre de 2014 derrière nous. Souvenez-vous, une année particulièrement difficile ou nous avions dû décaler de quelques mois les livraisons aux parrains pour profiter de l’arrière-saison.

Et bien 2016 a détrôné le triste record de 2014 avec une récolte au niveau national inférieure cette année à 10 000 tonnes. A peine 9000 tonnes récoltés contre 35 000 dans les années 90. Les importations quant à elles ne cessent d’augmenter !

Voici un tableau avec l’évolution de la récolte nationale et des importations de Miel des années 90 à aujourd’hui…

Voilà de quoi alerter sur la situation désastreuse que nous sommes en train de vivre.

tableau recolte et import miel

Nous avons tenté de comprendre pourquoi, après un léger regain en 2015, le monde apicole a de nouveau sombré cette année.

Pour nombres d’apiculteurs les pesticides, toujours utilisés en masse, sont bien entendus les premiers responsables de ce chaos écologique.

La loi Biodiversité, après de nombreux reculs a finalement voté l’arrêt de l’utilisation des pesticides de la famille des néonicotinoïdes. Mais cette loi ne sera applicable qu’à compter de 2018 avec des dérogations jusque 2020. Nos colonies s’affaiblissent chaque jour et ne tiendront pas jusque là…

pesticides

Outre les pesticides c’est l’addition de deux facteurs qui expliquent la très mauvaise récolte de cette année.

Les conditions météos qui ont été similaires finalement à 2014. Il ne faut plus se voiler la face : le dérèglement climatique est bien là…

Le temps joue un grand rôle dans le développement et l’équilibre des colonies. Le froid d’hiver incite les abeilles à l’hivernage. Le retour du printemps influe sur les floraisons et sur les récoltes. Il suffit alors que la météo n’ait pas joué son rôle de « modérateur » pour que les colonies soient perturbées. Ça été le cas cette année :

  • L’hiver a été particulièrement doux et les abeilles n’ont pas eu de réelle « pause hivernale ». Elles ont puisé dans leurs réserves.
  • S’en est suivi beaucoup trop de pluie au printemps ne permettant pas aux abeilles de sortir de la ruche pour butiner.
  • Et puis l’été est arrivé, tellement vite et tellement sec qu’il a asséché la flore à peine éclos…

Réchauffement-climatique-public-domain

Un deuxième facteur explique la très mauvaise récolte enregistrée cette année : l’érosion de la Biodiversité

Les cultures sont pauvres, on privilégie les monocultures au détriment d’une grande biodiversité. Pas de place pour les « mauvaises herbes », mêmes si ces dernières sont bénéfiques aux abeilles.

Les champs son cultivés de manière « anarchique », c’est à dire sans réelle réflexion sur la continuité des floraisons. Les abeilles peuvent puiser quelques ressources mais une fois la floraison terminée, il n’y a plus rien. Elles puisent alors dans leurs réserves quelques temps avoir de pouvoir profiter d’une nouvelle floraison. Il peut ainsi se passer un ou deux mois avant que de nouvelles cultures prennent le relais des premières. Les apiculteurs n’ont d’autres choix que de transhumer…

Dure dure la vie d’abeilles !

cac

Aujourd’hui, au-delà de la maigre récolte, c’est le désastre écologique qui se trame qui nous inquiète, si nous ne faisons rien.

Beaucoup d’apiculteurs ont réclamé la « calamité apicole » et d’autres ont décidé de jeter l’éponge.

Nos apiculteurs, soutenus par les parrains poursuivent l’aventure, même si ce n’est pas de tout repos. Mais certains réfléchissent déjà à reprendre une activité en parallèle. C’est pourtant un si beau métier que celui d’apiculteur !

La bonne nouvelle pour vous parrains, c’est que l’ensemble de nos apiculteurs ont quand même pu récolter suffisamment de miel pour vous et pour les abeilles qui vont bientôt rentrer en hivernage.

Nous vous remercions donc pour votre soutien précieux et espérons que la grande famille Un toit pour les abeilles s’agrandira bientôt avec la participation de nouveaux parrains.

Nous avons plus que jamais besoin de vous…

Un toit pour les abeilles : parrainez une ruche pour sauver les abeilles !

28
Sep
2016

La première récolte de notre apiculteur Corse !

Voici quelques mots et photos partagés par votre apiculteur Corse, Benjamin…

 » Voilà qui est fait! Mon miel est récolté et décante tranquillement dans son maturateur. L’aboutissement d’une année de travail! Et bien que la récolte soit un peu maigre, cela reste un moment de bonheur et de satisfaction.

Comme je vous l’avais expliqué dans mon précédent message, j’ai donc mis en place mes « chasses abeilles » sur mes ruches la veille de la récolte. Cela s’est avéré plutôt positif. Lorsque je suis allé récupérer les hausses le lendemain, seulement quelques abeilles étaient restées sur les cadres.

La récolte s’est donc faite en douceur et sans aucun stress pour les abeilles, ni pour l’apiculteur ! Une fois toutes les hausses chargées dans mon véhicule, direction la miellerie pour extraire le fameux nectar. La première étape consiste à désoperculer les cadres, c’est à dire enlever la pellicule de cire qui recouvre les alvéoles à l’aide d’un couteau ou d’une griffe.

Une fois les cadres désoperculés, on les met dans une machine appelée extracteur, qui est un fut en inox, avec un tambour qui tourne sur lui même. C’est donc la force centrifuge qui permet au miel d’être extrait des cadres.

On récupère le miel et on le verse dans un maturateur (fut métallique) en le filtrant à l’aide d’un tamis, pour retenir des restes de cires ou autres impuretés. S’en suit une période de maturation qui varie selon la consistance du miel (d’une semaine à un mois), où les derniers résidus de cire remonteront à la surface, formant une sorte de mousse que l’on écume. Ensuite, c’est la mise en pot, l’étiquetage et l’expédition à nos chers parrains concernés par la Campagne d’automne !

Les cadres qui sortent de l’extracteur sont encore collant de miel, et il est important de les laisser dehors avant de les stocker. Les abeilles se feront un plaisir de le récupérer jusqu’à la dernière goutte. C’est impressionnant comme en une dizaine de minutes, des milliers d’abeilles arrivent de toutes parts et s’agglutinent sur les cadres collant pour récupérer les restes de miel. Trop occupées à « lécher » le nectar, elles sont totalement inoffensives et je me suis amusé à m’approcher très près pour faire quelques clichés à quelques centimètres!

Voilà, je joins donc à ce message quelques photos pour illustrer et mieux comprendre.

A bientôt et merci pour votre aide !

Benjamin »

05
Sep
2016

Saison apicole 2016 : Une Annus Horribilis

Comme vous le savez, après une année de répit en 2015, la saison 2016 s’oriente  vers une année noire… La pire pour un grand nombre d’apiculteurs dont ceux que vous soutenez au travers d’Un toit pour les abeilles.

Certains sont déjà en train d’engager des démarches pour déclarer la calamité apicole… Bref une annus horribilis pour les apiculteurs.

Les abeilles n’ont pas suffisamment récolté  et ont dû puiser sur leurs réserves. Les essaims se portent mal… En France, un apiculteur qui ne renouvelle pas ses colonies est voué à cesser son activité en quelques années à peine. Chaque année 30% des colonies disparaissent du fait de l’addition de nombreux facteurs (pesticides, infections parasitaires, prédateurs comme le frelon asiatique et dérèglement climatique ayant un impact direct sur les conditions météos…)! Cette année ce taux devrait être porté à 50%, peut-être davantage encore.

Nous vous partageons ci-dessous quelques bilans dressés par nos apiculteurs en cette fin de saison apicole 2016…

Sarah Holtzmann – Le Rucher la Reine des Vosges (Moussey – 88) :

Sarah » Chers parrains, Le soleil est bien là, enfin…
Il y a quelques semaines encore je me plaignais des conditions météos déplorables qui empêchaient nos abeilles de quitter la ruche. Trop de pluie !
A présent que le soleil est là, il fait beaucoup trop chaud… On est passé de la pluie à un état de quasi canicule.
Les abeilles ventilent et vont à l’eau mais il n’y a pas suffisamment de nectar pour produire du miel. L’extracteur de la Miellerie n’a pas encore tourné.
Les champs s’assèchent trop vite. Il reste encore un peu de reine des près, balsamine et ronces mais les floraisons sont timides et surtout éphémères.
Je crois que de mémoire d’apiculteur je n’ai jamais vécu une si piètre année.
Pire encore que 2014 avec ses 10 000 tonnes de miel récolté au niveau national contre 17 000 en moyenne. Le Syndicat apicole des Vosges a d’ores et déjà demandé la reconnaissance du statut de « calamité apicole » auprès de l’État.
Malgré ce tableau un peu noir, je reste optimiste. Les abeilles ont tenu le coup et ont repris des forces.  » le 28/07/16

Chantal JACQUOT et Yves ROBERT – Le Rucher de Sennecey (Sennecey le Grand – 71) :

chantal et yves » Chers parrains, voici quelques lignes pour vous présenter le bilan apicole de cette saison 2016…

La météo printanière, extrêmement maussade, a amplifié l’essaimage, et lessivé toutes les fleurs de fin de printemps dont l’acacia. La fécondation des jeunes reines a été aussi perturbée par ce très mauvais temps. Or une colonie ou un essaim sans reine bien fécondée est condamnée. Le taux de réussite des essaims s’en est ressenti ainsi que les pertes par défaut de remplacement de la reine.

Il y a eu un laps de temps encore jamais enregistré entre la fin des floraisons printanières précoces et les floraisons d’été ; ce qui a entrainé la réduction de population dans les colonies. Celles-ci sont arrivées en été avec des effectifs trop restreints pour la production de miel à récolter par l’apiculteur. Notre volume de récolte par ruche est le tiers de celui de l’an dernier. Notre cheptel est en diminution.

Les effets sur l’environnement des activités humaines ont atteint une capacité de perturbation impressionnante. Nous avons beaucoup de travail pour convaincre de rétablir un équilibre naturel aujourd’hui rompu par une emprise écologique non maitrisée. «  le 5/09/16

David et Karine DEVERGNE – Le Rucher du Lac de Ribou (Cholet – 49) :

David » La saison va bientôt s’achever. Le Châtaignier est passé et n’a pas énormément miellé cette année. De même nous arrivons au terme des floraisons de ronces, qui sont en fleurs en ce moment. Je ne crois pas que le tournesol nous apportera beaucoup de miellée supplémentaire. Non pas que je sois pessimiste mais l’an dernier, le tournesol n’avait pas beaucoup miellé.
Je n’ai pas encore terminé toutes les récoltes mais je peux vous l’annoncer par avance, cette année aura été pour moi la pire saison apicole depuis 5 ans.
Un seul facteur aura déséquilibré l’ensemble de mes colonies : la météo.
Trop de pluie, pas assez de soleil… les abeilles sont restées enfermées dans les ruches. Les reines ont été mal fécondées ou trop tardivement. Les colonies ont dû puiser dans les réserves.  »  le 15/07/16

Voici quelques exemples de bilans apicoles qui reflètent la tendance générale de cette année apicole au niveau national. Tous les apiculteurs ont été touchés et vont devoir essayer de rebondir face à une nouvelle année noire, après 2014.

Plus que jamais nous avons besoin de vous !

Un toit pour les abeilles permet de reconstituer et développer les cheptels des apiculteurs. Aujourd’hui Un toit pour les abeilles ce sont plus de 2200 ruches installées sur les ruchers de nos 40 apiculteurs partout en France ou sur les sites des entreprises. Nous comptons plus de 15000 parrains particuliers et près de 750 entreprises marraines engagées à nos côtés.

Un toit pour les abeilles permet concrètement, grâce au soutien de ses parrains de financer une partie de l’outil de travail de l’apiculteur, sa ruche, et d’acheter le miel récolté à un prix moyen permettant à l’apiculteur de vivre décemment de son métier ancestral et artisanal. Le parrain reçoit en contrepartie de son engagement des nouvelles régulières ainsi que les photos de sa ruche. Il peut en outre venir rencontrer son apiculteur lors des journées portes ouvertes que nous organisons chaque année. Ces immersions au rucher sont le trait d’union qui existe entre le parrain, l’apiculteur et les abeilles. Elles concrétisent l’engagement des parrains.

Les parrains reçoivent enfin en remerciement de leur soutien des pots de miel personnalisés (avec le nom du parrain ou le logo de l’entreprise par exemple).

Encore merci à toutes celles et ceux qui soutiennent activement l’action d’Un toit pour les abeilles au travers du parrainage…

Et la bienvenue à toutes celles et ceux qui souhaitent nous rejoindre…

UnToitPourLesAbeilles.fr : parrainez une ruche pour sauver les abeilles !

05
Sep
2014

Les récoltes de miel en forte baisse dans plusieurs régions

 

Un rayon de ruche dans les environs de Colmar, en octobre 2012.
Un rayon de ruche dans les environs de Colmar, en octobre 2012. (Photo Vincent Kessler. Reuters)

Intoxications des abeilles, météo défavorable… La filière apicole a subi une année difficile et demande des aides publiques.

 

Les apiculteurs ont enregistré cette année une baisse des récoltes de 50 à 80% dans plusieurs régions, alertent jeudi l’Union nationale des apiculteurs français qui appelle à «des aides financières exceptionnelles» pour assurer «la survie de la filière».

«Pire que les années 2012 et 2013 déjà extrêmement difficiles pour les apiculteurs français, la production nationale est cette année la plus faible de notre histoire», indique l’Unaf dans un communiqué. «A l’exception de l’Ouest qui semble quelque peu épargné, dans toutes les régions de France et en particulier dans les grandes régions de production comme Paca, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, les récoltes sont en baisse de 50 à 80%», rapporte l’organisation professionnelle.

«Aux intoxications récurrentes qui déciment le cheptel, viennent se surajouter cette année des conditions météorologiques catastrophiques pour les abeilles et l’activité apicole», explique l’Unaf. Face à cette situation exceptionnelle, l’Unaf estime qu’«il en va de la survie de la filière» et «demande au ministre de l’Agriculture que soit mises en place sans tarder des mesures d’aides financières»«Les apiculteurs français ne se satisferont en aucune manière de mesurettes dérisoires et insultantes comme en 2013, ni de simples déclarations d’intention», conclut l’Unaf.

La filière apicole française est confrontée depuis plusieurs années à une baisse des récoltes de miel, passées de 32 000 tonnes en 1995 à moins de 15 000 tonnes en 2013 pour un nombre de ruches similaire. Du coup, les importations sont en forte hausse, afin de faire face à la demande hexagonale. Les colonies d’abeille sont frappées par un taux de mortalité très élevé, lié à l’usage de pesticides, ainsi qu’à la présence de frelons asiatiques, de parasites comme le varroa et à une moindre diversité de cultures.

Source AFP : www.liberation.fr/les-recoltes-de-miel-en-forte-baisse-dans-plusieurs-regions

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