13
Sep
2022

Fraude au miel : comment reconnaître le vrai miel ?

Le miel est un produit qui manque de transparence et qui est trop souvent trompeur pour le consommateur.

Un pot sur 3 vendu en grande surface est frauduleux : origine trompeuse, ajout de sirop de sucre, de fructose ou d’eau qui altère sa composition et ses bienfaits… Le miel est le 3ème produit le plus frelaté au monde après l’huile d’olive et le lait.

Bien que la loi relative à la transparence impose de faire apparaître les origines de manière claire sur les pots de miel, les magasins étalent encore dans leurs rayons une multitude de produits dont la traçabilité est souvent vague…Pire encore, certains visuels sur les étiquettes sont trompeurs et c’est hélas souvent intentionnel.

Petit exemple vu récemment : Sur une étiquette en sépia on aperçoit le portrait d’une apicultrice française souriante en tenue de protection devant une ruche. Un texte en citation :

 « Mon grand-père était apiculteur, mon père est apiculteur et j’ai à cœur de perpétuer le savoir-faire ancestral des générations avant moi. »

Quel beau tableau me direz-vous.

Certains s’arrêteront là et se diront « ça c’est un miel de qualité ! »

Et puis voilà une mention à peine lisible tant les caractères sont petits : « Origine : voir au bas du pot ». Et là c’est la douche froide. Voilà qu’on lit sur ce même pot, qui donnait envie quelques instants auparavant, « Origine : Roumanie : 50%, Ukraine 29%, Chine : 10%, Espagne 10% et France : 1% ».

Le tout pour 4,50€ TTC. Comment les apiculteurs français peuvent-ils faire face à une telle concurrence ? Et comment le consommateur peut-il être autant trompé sur le produit qu’il achète ?

Afin de vous aider à différencier le bon miel du mauvais, nous avons réalisé cet article mettant en avant les techniques utilisées dans le but de tromper le consommateur. De quoi vous permettre de devenir un as de la chasse aux fraudes.

Quelques informations sur la consommation de miel en France

Les Français consomment entre 40 et 45 000 tonnes de miel. Pourtant la France n’en produit que 10 à 15 000 tonnes. Les causes : la sécheresse et les pesticides mais aussi les produits bas de gamme et peu chers qui évincent les apiculteurs français. L’importation étant nécessaire, il n’est pas question de la remettre en cause. Cependant, il est important de constater que certaines pratiques utilisées pour la production de miel, sont dans de nombreux pays, aux antipodes des pratiques de nos producteurs locaux.

Il existe diverses fraudes qu’il est important de prendre en compte dans le choix de son pot de miel et voici les plus importantes.

Le miel de synthèse

La Chine est connue comme étant le plus grand producteur de miel. Pourtant si elle produit bien évidemment du miel, elle est aussi connue hélas pour sa production de miel de synthèse.

Un peu d’histoire

En avril 1960, Mao Zedong décide de mettre en place la campagne contre les « 4 nuisibles », après avoir constaté que les moustiques, mouches, rats et moineaux perturbaient le pays. N’ayant pas conscience que cette action allait « casser » la chaine alimentaire, il provoqua la prolifération de nuisibles. Afin de les éliminer, un épandage massif de pesticides fut mis en place dans le pays et sur les champs agricoles. Une action qui ne fut pas sans conséquences. En effet, celle-ci provoqua la disparition partielle voir totale des abeilles dans certaines provinces comme celle de Sichuan.

N’ayant plus assez d’abeilles pour la production de miel, la Chine dut trouver de nouvelles alternatives.

Des recherches ont permis de découvrir qu’il était possible de réaliser du miel de synthèse à l’aide de sucre, d’eau, de colorants, de sirop et d’enzymes. Une pratique utilisée en Chine qui revend des tonnes de sirop, sous l’appellation « miel » à des prix imbattables.

Le miel adultéré

Ce miel chinois, à bas coût, est mélangé aux miels des autres pays afin d’assurer un goût et une couleur stable au produit qui sera conditionné puis vendu en grande surface. Cette technique empêche donc la traçabilité du produit. C’est par exemple le cas de l’Espagne qui ne possède pas de règlementation sur l’étiquetage et l’origine du miel et qui peut donc mélanger les miels sans pour autant préciser leur provenance.

Pour un consommateur lambda, il est très difficile de voir la différence mais il y a tout de même certains points permettant de le repérer :

  • Il n’y a pas d’indication florale hormis la dénomination « toutes fleurs »
  • L’origine géographique du produit n’est pas mise en évidence
  • La mention la plus souvent utilisée est « mélange de miels originaires de l’UE et hors UE »

Le miel altéré

Pour le côté pratique, de nombreux consommateurs choisissent des pots de miel possédant un système de pompe. Ils sont, en effet, moins salissants mais sont-ils meilleurs ?

En effet, la cristallisation est un phénomène naturel du miel qui semble compliquer sa commercialisation.

En France, la règlementation indique que la chauffe du miel ne peut pas excéder les 40°C. Cependant, cette règle n’étant pas présente dans tous les pays, certains en profitent pour le surchauffer, jusqu’à 70°C. Ceci permet d’empêcher la cristallisation en « cassant les cristaux du miel ». Une pratique qui altère la qualité du produit. Le miel perd son goût, ses vertus ainsi que ses qualités initialement présents.

Pour plus d’information sur la cristallisation du miel, vous pouvez consulter l’article suivant : Le miel dans tous ses états

Au-delà de ces différentes fraudes, il existe aussi de nombreuses pratiques de production et de récolte qui ne correspondent pas aux valeurs de nos apiculteurs locaux.

Les États-Unis et la récolte intensive

De nombreux apiculteurs américains sont malheureusement attirés par la production massive et le gain financier qui en découle. Pour cela, ils utilisent des pratiques de récolte souvent douteuses et mettant en danger la vie des abeilles.

Afin d’obtenir de meilleurs rendements, les apiculteurs utilisent la technique des ruchers itinérants. Ils se déplacent au fil de l’année dans les régions américaines les plus propices à la pollinisation. Leur objectif étant de produire un maximum de miel. Cependant, cette pratique n’est guère en accord avec la santé des abeilles qui est remise en question suite à l’utilisation intensive de pesticides et la surreprésentation de colonies étrangères, propice à la prolifération de maladies et de parasites.

Soucieux de l’efficacité de leurs colonies, certains professionnels (pour nous, ce ne sont pas des apiculteurs) nourrissent les abeilles d’eau sucrée et d’antibiotiques.

Une pratique ayant un double impact : la maltraitance des abeilles dans un premier temps mais aussi la médiocrité du miel vendu qui se retrouve chargé de résidus de médicaments.

L’impatience des producteurs chinois

L’operculation d’un miel est le signe que celui-ci peut être récolté. Le miel étant composé d’eau, les abeilles le ventilent à l’aide de leurs ailes dans le but de réduire le taux d’humidité. C’est une fois cette ventilation réalisée que le miel est operculé par des alvéoles de cire afin de garantir une meilleure conservation.

En Chine, cette étape de la fabrication du miel est souvent mise de côté. En effet, afin d’obtenir une quantité importante de miel en très peu de temps, les apiculteurs et/ou producteurs font le choix de récupérer le miel avant même que celui-ci ne soit operculé. 

La règlementation française accepte entre 17% et 20% de taux d’humidité. En effet, le processus d’operculation permet de conserver le miel correctement. Sans cette étape, le miel va fermenter en quelques mois, voire en quelques semaines pour certains.

L’importation de miel et sa provenance ne sont pas à remettre en cause. Cependant les pratiques et règlementations mises en place à l’étranger ne correspondent pas aux valeurs de nos apiculteurs locaux. Chez Un Toit Pour Les Abeilles, nous avons à cœur de soutenir leur démarche responsable et respectueuse des abeilles et de l’environnement.

Nos producteurs locaux

Les apiculteurs du réseau Un Toit Pour Les Abeilles sont engagés dans une démarche de sauvegarde des abeilles.

Au-delà du respect de ces petites bêtes, ils ont pour souhait de vous garantir un miel de qualité en prenant soin des ruches et en attachant une importance particulière à la récolte du miel.

Les apiculteurs que nous soutenons récoltent des miels, reflets des terroirs environnants leurs ruchers. Ces miels ne subissent aucun mélange, aucune altération et sont certifiés 100% français.

Le miel récolté provient exclusivement des hausses, le corps de la ruche est laissé aux abeilles afin qu’elles puissent bénéficier des réserves nécessaires de miel durant leur hivernage.

Afin de satisfaire les règlementations, les apiculteurs prennent soin de ne récolter que du miel bien operculé permettant de garantir un taux d’humidité compris entre 17% et 20%.

C’est donc pour tout ce travail méticuleux que nous souhaitons aider les apiculteurs locaux, en mettant en avant leurs récoltes. Alors joignez-vous à nous pour les soutenir et choisissez de consommer local !

Source : Des abeilles et des hommes

26
Juin
2019

Printemps 2019, une récolte de miel catastrophique !

Un printemps chaotique

« Arrivé au terme du printemps 2019, il n’y a eu, dans ma région, aucune période durable de temps véritablement printanier. Le printemps est, selon les termes mêmes des météorologues une période de «transition entre la saison froide et les chaleurs estivales », qui est « progressive et plus ou moins précoce selon les années. »
Cette année après un début de printemps précoce, début mars, le chaos météorologique a couvert les trois mois qui ont suivi. Trois mois sans aucune progressivité, mais des contrastes insupportables :

  • record de températures basses, après un début de printemps très doux,
  • tempêtes et vents volants, passant subitement du Sud au Nord et Nord Est, puis à l’Ouest.
    Ce sont des conditions extrêmement défavorables au butinage ; et complexes pour le développement des colonies, qui ont besoin d’une progressivité –celle normalement du printemps – dans l’augmentation des températures et de l’amélioration des conditions d’accès aux ressources.

Casse-tête climatique

Habitué aux casse-tête climatique, j’ai suivi de près les colonies.
Les plus fortes de mes colonies et les plus entourées de ressources précoces, en plaine, ont démarré en trombe. Mais a suivi de longues périodes de mauvais temps -vents et pluies se succédant.- Les colonies ont ponctionné dans leurs stocks de miel, leur effectif étant important. Certaines ont même mis dehors de la ruche les mâles, n’étant plus à même d’assurer leur subsistance.
Heureusement, que je ne me suis pas précipité à récolter. Un apiculteur du sud de la France, qui a transporté ses colonies en vallée de Saône pour la floraison l’acacia – miellée qui n’a rien fourni du fait de la météo déplorable – m’a appelé d’urgence pour que je lui indique un fournisseur de sirop apicole, car toutes ses colonies criaient famine !
Pour les colonies les moins fortes et moins entourées de ressources printanières, les effectifs n’ont eu énormément de mal à se développer significativement de tout le printemps.
C’est un euphémisme de considérer que « les miellées de printemps tant attendues ne feront pas que des heureux » (Propos de Frank Alétru, président du Syndicat National d’Apiculture, dans la revue « L’Abeille de France de juin 2019.)

Piégé par les perturbations climatiques

Mes colonies se sont adaptées en faisant profil bas. L’abeille noire a les capacités de le faire ; et je n’ai pas fait d’intervention contrecarrant cette stratégie. Le résultat est l’absence d’excédent de miel de printemps que je pourrais récolter…
Or, en plaine de Saône, c’est une première phase de récolte en générale significative. Des perturbations climatiques en 2013 (Météo France indique que « le mois de mai 2019 a été le plus frais depuis mai 2013 ») et en 2016 ont abouti à des récoltes de printemps très faibles.
Je peux témoigner du côté imprévisible de perturbations climatiques et de leur conséquence. Je suis bien au courant de ce risque, comme tout apiculteur ; mais j’en subis pourtant les effets inévitables.
Cette fois, un extrême a été atteint, rejoignant la liste des extrêmes qu’il faudra dorénavant considérer comme prévisibles…
J’ai préservé le potentiel pour la suite de la saison notamment avec un suivi de l’essaimage réussi.
Mais, je tremble à l’idée que les perturbations météorologiques persistent à saboter mes espoirs et mes résultats. Notamment, si la canicule venait à succéder à la froideur printanière ; aucun phénomène extrême n’étant à exclure…
Combien de fois, ce printemps, je me suis dit, que les perturbations allaient s’achever ; alors qu’elles devenaient de plus en plus extrêmes !…
C’est la plus longue période de perturbations printanières de mon expérience d’apiculteur. »

Yves ROBERT – Apiculteur du réseau Un Toit Pour Les Abeilles et Formateur en apiculture. Le Rucher de Sennecey (71)

29
Sep
2016

Évolution de la récolte de Miel en France

Comme vous l’avez probablement lu dans la presse ou au travers des nouvelles de vos apiculteurs, nous sommes en train de vivre notre pire saison apicole !

Nous pensions le désastre de 2014 derrière nous. Souvenez-vous, une année particulièrement difficile ou nous avions dû décaler de quelques mois les livraisons aux parrains pour profiter de l’arrière-saison.

Et bien 2016 a détrôné le triste record de 2014 avec une récolte au niveau national inférieure cette année à 10 000 tonnes. A peine 9000 tonnes récoltés contre 35 000 dans les années 90. Les importations quant à elles ne cessent d’augmenter !

Voici un tableau avec l’évolution de la récolte nationale et des importations de Miel des années 90 à aujourd’hui…

Voilà de quoi alerter sur la situation désastreuse que nous sommes en train de vivre.

tableau recolte et import miel

Nous avons tenté de comprendre pourquoi, après un léger regain en 2015, le monde apicole a de nouveau sombré cette année.

Pour nombres d’apiculteurs les pesticides, toujours utilisés en masse, sont bien entendus les premiers responsables de ce chaos écologique.

La loi Biodiversité, après de nombreux reculs a finalement voté l’arrêt de l’utilisation des pesticides de la famille des néonicotinoïdes. Mais cette loi ne sera applicable qu’à compter de 2018 avec des dérogations jusque 2020. Nos colonies s’affaiblissent chaque jour et ne tiendront pas jusque là…

Outre les pesticides c’est l’addition de deux facteurs qui expliquent la très mauvaise récolte de cette année.

Les conditions météos qui ont été similaires finalement à 2014. Il ne faut plus se voiler la face : le dérèglement climatique est bien là…

Le temps joue un grand rôle dans le développement et l’équilibre des colonies. Le froid d’hiver incite les abeilles à l’hivernage. Le retour du printemps influe sur les floraisons et sur les récoltes. Il suffit alors que la météo n’ait pas joué son rôle de « modérateur » pour que les colonies soient perturbées. Ça été le cas cette année :

  • L’hiver a été particulièrement doux et les abeilles n’ont pas eu de réelle « pause hivernale ». Elles ont puisé dans leurs réserves.
  • S’en est suivi beaucoup trop de pluie au printemps ne permettant pas aux abeilles de sortir de la ruche pour butiner.
  • Et puis l’été est arrivé, tellement vite et tellement sec qu’il a asséché la flore à peine éclos…

Un deuxième facteur explique la très mauvaise récolte enregistrée cette année : l’érosion de la Biodiversité

Les cultures sont pauvres, on privilégie les monocultures au détriment d’une grande biodiversité. Pas de place pour les « mauvaises herbes », mêmes si ces dernières sont bénéfiques aux abeilles.

Les champs son cultivés de manière « anarchique », c’est à dire sans réelle réflexion sur la continuité des floraisons. Les abeilles peuvent puiser quelques ressources mais une fois la floraison terminée, il n’y a plus rien. Elles puisent alors dans leurs réserves quelques temps avoir de pouvoir profiter d’une nouvelle floraison. Il peut ainsi se passer un ou deux mois avant que de nouvelles cultures prennent le relais des premières. Les apiculteurs n’ont d’autres choix que de transhumer…

Dure dure la vie d’abeilles !

Aujourd’hui, au-delà de la maigre récolte, c’est le désastre écologique qui se trame qui nous inquiète, si nous ne faisons rien.

Beaucoup d’apiculteurs ont réclamé la « calamité apicole » et d’autres ont décidé de jeter l’éponge.

Nos apiculteurs, soutenus par les parrains poursuivent l’aventure, même si ce n’est pas de tout repos. Mais certains réfléchissent déjà à reprendre une activité en parallèle. C’est pourtant un si beau métier que celui d’apiculteur !

La bonne nouvelle pour vous parrains, c’est que l’ensemble de nos apiculteurs ont quand même pu récolter suffisamment de miel pour vous et pour les abeilles qui vont bientôt rentrer en hivernage.

Nous vous remercions donc pour votre soutien précieux et espérons que la grande famille Un toit pour les abeilles s’agrandira bientôt avec la participation de nouveaux parrains.

Nous avons plus que jamais besoin de vous…

Un toit pour les abeilles : parrainez une ruche pour sauver les abeilles !

28
Sep
2016

La première récolte de notre apiculteur Corse !

Voici quelques mots et photos partagés par votre apiculteur Corse, Benjamin…

 » Voilà qui est fait! Mon miel est récolté et décante tranquillement dans son maturateur. L’aboutissement d’une année de travail! Et bien que la récolte soit un peu maigre, cela reste un moment de bonheur et de satisfaction.

Comme je vous l’avais expliqué dans mon précédent message, j’ai donc mis en place mes « chasses abeilles » sur mes ruches la veille de la récolte. Cela s’est avéré plutôt positif. Lorsque je suis allé récupérer les hausses le lendemain, seulement quelques abeilles étaient restées sur les cadres.

La récolte s’est donc faite en douceur et sans aucun stress pour les abeilles, ni pour l’apiculteur ! Une fois toutes les hausses chargées dans mon véhicule, direction la miellerie pour extraire le fameux nectar. La première étape consiste à désoperculer les cadres, c’est à dire enlever la pellicule de cire qui recouvre les alvéoles à l’aide d’un couteau ou d’une griffe.

Une fois les cadres désoperculés, on les met dans une machine appelée extracteur, qui est un fut en inox, avec un tambour qui tourne sur lui même. C’est donc la force centrifuge qui permet au miel d’être extrait des cadres.

On récupère le miel et on le verse dans un maturateur (fut métallique) en le filtrant à l’aide d’un tamis, pour retenir des restes de cires ou autres impuretés. S’en suit une période de maturation qui varie selon la consistance du miel (d’une semaine à un mois), où les derniers résidus de cire remonteront à la surface, formant une sorte de mousse que l’on écume. Ensuite, c’est la mise en pot, l’étiquetage et l’expédition à nos chers parrains concernés par la Campagne d’automne !

Les cadres qui sortent de l’extracteur sont encore collant de miel, et il est important de les laisser dehors avant de les stocker. Les abeilles se feront un plaisir de le récupérer jusqu’à la dernière goutte. C’est impressionnant comme en une dizaine de minutes, des milliers d’abeilles arrivent de toutes parts et s’agglutinent sur les cadres collant pour récupérer les restes de miel. Trop occupées à « lécher » le nectar, elles sont totalement inoffensives et je me suis amusé à m’approcher très près pour faire quelques clichés à quelques centimètres!

Voilà, je joins donc à ce message quelques photos pour illustrer et mieux comprendre.

A bientôt et merci pour votre aide !

Benjamin »

05
Sep
2016

Saison apicole 2016 : Une Annus Horribilis

Comme vous le savez, après une année de répit en 2015, la saison 2016 s’oriente  vers une année noire… La pire pour un grand nombre d’apiculteurs dont ceux que vous soutenez au travers d’Un toit pour les abeilles.

Certains sont déjà en train d’engager des démarches pour déclarer la calamité apicole… Bref une annus horribilis pour les apiculteurs.

Les abeilles n’ont pas suffisamment récolté  et ont dû puiser sur leurs réserves. Les essaims se portent mal… En France, un apiculteur qui ne renouvelle pas ses colonies est voué à cesser son activité en quelques années à peine. Chaque année 30% des colonies disparaissent du fait de l’addition de nombreux facteurs (pesticides, infections parasitaires, prédateurs comme le frelon asiatique et dérèglement climatique ayant un impact direct sur les conditions météos…)! Cette année ce taux devrait être porté à 50%, peut-être davantage encore.

Nous vous partageons ci-dessous quelques bilans dressés par nos apiculteurs en cette fin de saison apicole 2016…

Sarah Holtzmann – Le Rucher la Reine des Vosges (Moussey – 88) :

Sarah » Chers parrains, Le soleil est bien là, enfin…
Il y a quelques semaines encore je me plaignais des conditions météos déplorables qui empêchaient nos abeilles de quitter la ruche. Trop de pluie !
A présent que le soleil est là, il fait beaucoup trop chaud… On est passé de la pluie à un état de quasi canicule.
Les abeilles ventilent et vont à l’eau mais il n’y a pas suffisamment de nectar pour produire du miel. L’extracteur de la Miellerie n’a pas encore tourné.
Les champs s’assèchent trop vite. Il reste encore un peu de reine des près, balsamine et ronces mais les floraisons sont timides et surtout éphémères.
Je crois que de mémoire d’apiculteur je n’ai jamais vécu une si piètre année.
Pire encore que 2014 avec ses 10 000 tonnes de miel récolté au niveau national contre 17 000 en moyenne. Le Syndicat apicole des Vosges a d’ores et déjà demandé la reconnaissance du statut de « calamité apicole » auprès de l’État.
Malgré ce tableau un peu noir, je reste optimiste. Les abeilles ont tenu le coup et ont repris des forces.  » le 28/07/16

Chantal JACQUOT et Yves ROBERT – Le Rucher de Sennecey (Sennecey le Grand – 71) :

chantal et yves » Chers parrains, voici quelques lignes pour vous présenter le bilan apicole de cette saison 2016…

La météo printanière, extrêmement maussade, a amplifié l’essaimage, et lessivé toutes les fleurs de fin de printemps dont l’acacia. La fécondation des jeunes reines a été aussi perturbée par ce très mauvais temps. Or une colonie ou un essaim sans reine bien fécondée est condamnée. Le taux de réussite des essaims s’en est ressenti ainsi que les pertes par défaut de remplacement de la reine.

Il y a eu un laps de temps encore jamais enregistré entre la fin des floraisons printanières précoces et les floraisons d’été ; ce qui a entrainé la réduction de population dans les colonies. Celles-ci sont arrivées en été avec des effectifs trop restreints pour la production de miel à récolter par l’apiculteur. Notre volume de récolte par ruche est le tiers de celui de l’an dernier. Notre cheptel est en diminution.

Les effets sur l’environnement des activités humaines ont atteint une capacité de perturbation impressionnante. Nous avons beaucoup de travail pour convaincre de rétablir un équilibre naturel aujourd’hui rompu par une emprise écologique non maitrisée. «  le 5/09/16

David et Karine DEVERGNE – Le Rucher du Lac de Ribou (Cholet – 49) :

David » La saison va bientôt s’achever. Le Châtaignier est passé et n’a pas énormément miellé cette année. De même nous arrivons au terme des floraisons de ronces, qui sont en fleurs en ce moment. Je ne crois pas que le tournesol nous apportera beaucoup de miellée supplémentaire. Non pas que je sois pessimiste mais l’an dernier, le tournesol n’avait pas beaucoup miellé.
Je n’ai pas encore terminé toutes les récoltes mais je peux vous l’annoncer par avance, cette année aura été pour moi la pire saison apicole depuis 5 ans.
Un seul facteur aura déséquilibré l’ensemble de mes colonies : la météo.
Trop de pluie, pas assez de soleil… les abeilles sont restées enfermées dans les ruches. Les reines ont été mal fécondées ou trop tardivement. Les colonies ont dû puiser dans les réserves.  »  le 15/07/16

Voici quelques exemples de bilans apicoles qui reflètent la tendance générale de cette année apicole au niveau national. Tous les apiculteurs ont été touchés et vont devoir essayer de rebondir face à une nouvelle année noire, après 2014.

Plus que jamais nous avons besoin de vous !

Un toit pour les abeilles permet de reconstituer et développer les cheptels des apiculteurs. Aujourd’hui Un toit pour les abeilles ce sont plus de 2200 ruches installées sur les ruchers de nos 40 apiculteurs partout en France ou sur les sites des entreprises. Nous comptons plus de 15000 parrains particuliers et près de 750 entreprises marraines engagées à nos côtés.

Un toit pour les abeilles permet concrètement, grâce au soutien de ses parrains de financer une partie de l’outil de travail de l’apiculteur, sa ruche, et d’acheter le miel récolté à un prix moyen permettant à l’apiculteur de vivre décemment de son métier ancestral et artisanal. Le parrain reçoit en contrepartie de son engagement des nouvelles régulières ainsi que les photos de sa ruche. Il peut en outre venir rencontrer son apiculteur lors des journées portes ouvertes que nous organisons chaque année. Ces immersions au rucher sont le trait d’union qui existe entre le parrain, l’apiculteur et les abeilles. Elles concrétisent l’engagement des parrains.

Les parrains reçoivent enfin en remerciement de leur soutien des pots de miel personnalisés (avec le nom du parrain ou le logo de l’entreprise par exemple).

Encore merci à toutes celles et ceux qui soutiennent activement l’action d’Un toit pour les abeilles au travers du parrainage…

Et la bienvenue à toutes celles et ceux qui souhaitent nous rejoindre…

UnToitPourLesAbeilles.fr : parrainez une ruche pour sauver les abeilles !

05
Sep
2014

Les récoltes de miel en forte baisse dans plusieurs régions

 

Un rayon de ruche dans les environs de Colmar, en octobre 2012.
Un rayon de ruche dans les environs de Colmar, en octobre 2012. (Photo Vincent Kessler. Reuters)

Intoxications des abeilles, météo défavorable… La filière apicole a subi une année difficile et demande des aides publiques.

 

Les apiculteurs ont enregistré cette année une baisse des récoltes de 50 à 80% dans plusieurs régions, alertent jeudi l’Union nationale des apiculteurs français qui appelle à «des aides financières exceptionnelles» pour assurer «la survie de la filière».

«Pire que les années 2012 et 2013 déjà extrêmement difficiles pour les apiculteurs français, la production nationale est cette année la plus faible de notre histoire», indique l’Unaf dans un communiqué. «A l’exception de l’Ouest qui semble quelque peu épargné, dans toutes les régions de France et en particulier dans les grandes régions de production comme Paca, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, les récoltes sont en baisse de 50 à 80%», rapporte l’organisation professionnelle.

«Aux intoxications récurrentes qui déciment le cheptel, viennent se surajouter cette année des conditions météorologiques catastrophiques pour les abeilles et l’activité apicole», explique l’Unaf. Face à cette situation exceptionnelle, l’Unaf estime qu’«il en va de la survie de la filière» et «demande au ministre de l’Agriculture que soit mises en place sans tarder des mesures d’aides financières»«Les apiculteurs français ne se satisferont en aucune manière de mesurettes dérisoires et insultantes comme en 2013, ni de simples déclarations d’intention», conclut l’Unaf.

La filière apicole française est confrontée depuis plusieurs années à une baisse des récoltes de miel, passées de 32 000 tonnes en 1995 à moins de 15 000 tonnes en 2013 pour un nombre de ruches similaire. Du coup, les importations sont en forte hausse, afin de faire face à la demande hexagonale. Les colonies d’abeille sont frappées par un taux de mortalité très élevé, lié à l’usage de pesticides, ainsi qu’à la présence de frelons asiatiques, de parasites comme le varroa et à une moindre diversité de cultures.

Source AFP : www.liberation.fr/les-recoltes-de-miel-en-forte-baisse-dans-plusieurs-regions

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