20
Avr
2022

Sur le versant lumineux…

Yves R. Apiculteur Un Toit Pour Les Abeilles revient sur la saison apicole 2021 : ses difficultés bien évidemment, celles de toute une filière. Mais aussi les réflexions qu’elles auront su engendrer pour un avenir apicole meilleur.

Alors nous titrerons cet article : « Sur le versant lumineux » et non pas « sur le versant tortueux ». Gardons ainsi intact notre militantisme vertueux, pour une apiculture sereine.

Ne devrions-nous pas y être habitués ?

L’hivernage, qui a suivi la saison 2021 désastreuse sur le plan apicole, a lui aussi charrié son lot de grosses déconvenues, avec des pertes considérables, largement supérieures aux années antérieures ; notamment parce qu’elles sont particulièrement lourdes et concernent simultanément une zone géographique plus large.

Nous, professionnels et amateurs de l’apiculture, ne devrions-nous pas y être habitués ?

Yves R. Apiculteur Un Toit Pour Les Abeilles

La preuve que non, c’est que nous sommes de moins en moins nombreux à produire et à commercialiser des quantités de miel qui ne cessent de se réduire…

Nous n’avons pas, individuellement, la parade face à un phénomène général et systémique, qui ne peut être enraillé que par un nouveau projet de société, réintégrant une riche culture du vivant et s’appuyant sur une perception plus sereine de notre devenir collectif.

Des causes nombreuses et identifiées

Les causes du désastre apicole persistant – et s’aggravant – relèvent de la conjonction de trop de facteurs défavorables : la prédation par le varroa et autres parasites exotiques, le manque de ressources diversifiées aggravé par les perturbations météorologiques de plus en plus sévères, et, cerise sur le gâteau, l’usage toujours abondant des pesticides.

Les traitements du varroa en été 2021, en vue de la préparation à l’hivernage ; se sont faits dans des conditions inhabituelles qui les ont rendu moins efficace… Et, de façon plus générale, les contions de mise en hivernage ont été très particulières après la saison 2021 marquée par un profil climatique et donc démographique dans les colonies totalement bouleversé :

  • pas de printemps et donc un démarrage des colonies retardée du plus d’un à deux mois,
  • pas d’arrêt de ponte en été, donc pas de fenêtre pour réaliser le traitement du varroa dans de bonnes conditions avant l’hivernage

Les questions de fond restent dangereusement en suspens depuis des décennies : la refondation écologique des modes de culture agricole, la reforestation massive des zones urbaines et cultivées pour préserver le cycle de l’eau et faire face au réchauffement…

C’est le cadre général à restaurer pour pouvoir prétendre à un redressement de la filière apicole.

Comprendre pour mieux agir

Mais, il y a aussi des questions relatives aux choix de conduite des colonies d’abeilles. Face à l’assaut des prédateurs – notamment le varroa – plutôt que de renforcer la capacité des colonies à y faire elle-même face – ce qu’elles savent parfaitement faire – et essayer de comprendre les raisons de la chute d’immunité, le choix par défaut a été de faire à leur place, en traitant, en nourrissant…

Alors, malgré tout, nous tentons des actions, au niveau individuel, pour essayer de maintenir ou améliorer quelque peu le seuil de résilience de nos colonies.

Yves R. Apiculteur Un Toit Pour Les Abeilles

Je liste quelques-unes que j’ai entreprises ces dernières années, sans toutefois améliorer ma production de miel, mais en limitant significativement les tracas relativement à la santé des colonies :

  • Explorer les possibilités des ruches divisibles – de type Warré, en l’occurrence – pour améliorer le confort des interventions et les conditions d’hivernage des colonies,
  • Opter pour des conduites limitant les populations d’abeilles et favorables aux ruptures de pontes, limitant la prolifération du varroa,
  • Renoncer le plus possible au nourrissement notamment par du sirop, qui accentue le déphasage des colonies d’abeilles à l’égard de la situation réelle de leur environnement,
  • Limiter les intrants dans les colonies : sucre, cire… et même traitement du varroa (Oui, j’ai osé !)
  • M’assurer que je n’ai pas de colonies affaiblies ou d’autres qui par manque de ressources, iraient piller des colonies affaiblies dans le voisinage,
  • Laisser le brassage génétique s’opérer selon la nature,
  • Expérimenter la possibilité de ne pas faire la dernière récolte d’été ; et ne la récolter qu’au printemps suivant, après l’hivernage.

Ces pistes restent expérimentales, et témoignent surtout de mon refus de me résigner. Mais aussi, de l’espoir -que je ne crois pas vain – qu’une plus large dynamique – non limitée au milieu apicole – prenne significativement de l’ampleur.

En savoir plus sur l’apiculture selon Yves R.

Les produits de la ruche
De leur production à leur usage

Vous trouverez dans ce guide une réflexion globale sur la
conduite des ruches, sur l’impact de l’intervention de
l’homme sur la colonie d’abeilles et sur l’environnement.
Vous y découvrirez que les ruches sont de véritables
indicatrices de la biodiversité, et comment les produits qui en
sont issus peuvent nous aider à développer de nouveaux
médicaments.
De plus, les informations réglementaires présentées
donneront aux apiculteurs des bases leur permettant de
commercialiser leurs produits et les produits dérivés.
De Yves Robert et Marie-Astrid Damaye Ed. du Puits fleuri
2021. Cliquez ICI ou sur l’image

05
Jan
2022

2022, L’ABEILLE GRANDE CAUSE NATIONALE

Vous avez probablement vu passer l’information : l’Assemblée Nationale a voté à l’unanimité le 7 octobre 2021 : « L’ABEILLE GRANDE CAUSE NATIONALE 2022 ».
Jusqu’alors, l’abeille était célébrée le 20 mai « journée mondiale de l’abeille ». Cette journée avait été demandée à l’initiative de l’ONU* et de la FAO**.
Votée en 2017 à l’unanimité par les Nations-Unies, la première Journée Mondiale de l’Abeille a été célébrée le 20 mai 2018.
Pourquoi le 20 mai ? Parce que cette date coïncide avec l’anniversaire d’Anton Janša (1734 – 1773), l’apiculteur slovène du XVIIIème siècle reconnu aujourd’hui comme étant le père de l’apiculture moderne. Cette date met donc aussi en lumière l’importance de soutenir la filière apicole et les gardiens des abeilles.

C’est le constat alarmant dressé par les apiculteurs de France et les demandes nombreuses de prise en compte de « calamité apicole », après la saison 2021 chaotique qui ont poussé certains élus à proposer une résolution de loi pour lutter contre le déclin des abeilles.

*Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture
**Food and Agriculture Organisation)

UNE SAISON 2021 QUI IMPOSE L’ACTION


« L’une des pires années apicoles jamais vécues en France » ont décrit une majorité des apiculteurs du réseau Un Toit Pour Les Abeilles. Le principal coupable : La météo.
Les conditions météorologiques ont été telles que la majorité des apiculteurs de France n’ont pas pu, ou très peu récolter cette saison.
L’UNAF, Union Nationale des Apiculteurs Français a annoncé une production de miel sous la barre des 10 000 tonnes pour cette année. La production se situerait entre 7000 et 9000 tonnes de miel à peine. Un triste chiffre, bien loin des belles années apicoles où l’on avoisinait les 35 / 40 000 tonnes de miel.
Un triste constat également lorsque l’on sait que les Français consomment chaque année en France près de 40 000 tonnes de miel.
Ce sont ainsi plus de 30 000 tonnes de miel importés et consommés chaque année en France dont il est difficile de vérifier à la fois l’origine et la qualité du miel.

Lire aussi l’article : Et si on parlait miel ?

Le gel, le froid, la pluie se sont succédés tout le printemps et même durant la période estivale.
Ce dérèglement climatique, puisque c’est de cela dont il s’agit, a abîmé les floraisons ne permettant pas aux abeilles de récolter nectars et pollens.
Les floraisons (miellées) ont été perturbées par des séquences fréquentes de pluie et de froid.
A peine les nectars récoltés, les abeilles étaient de nouveau calfeutrées dans la ruche, puisant ainsi sur leurs réserves.

La récolte d’acacia a été quasi nulle sur tout le territoire cette année.
Les récoltes de thym, romarin, montagne châtaignier ont été médiocres. Seuls les miels de fleurs et lavande ont été satisfaisantes.


La cuvée 2021 devient ainsi un produit de Luxe !

MALGRÉ CELA LES APICULTEURS UN TOIT POUR LES ABEILLES ONT TENU LEUR PROMESSE

Malgré les faibles récoltes, les apiculteurs ont pu transmettre des pots de miel à leurs parrains, tout en conservant suffisamment de ressources dans la ruche pour les abeilles avant la mise en hivernage.
Pour les apiculteurs les plus durement impactés, nous vous avons transmis un miel solidaire d’un autre apiculteur Un Toit Pour Les Abeilles.
Votre soutien s’est donc ainsi partagé entre deux apiculteurs :
Pour l’un : aide au financement de la ruche
Pour le second : achat du miel solidaire
Il nous est difficile de savoir comment se comporteront les colonies au sortir de l’hiver et si les conditions météorologiques seront favorables pour un redémarrage de la saison dans de meilleures conditions ce printemps. Mais comme à l’accoutumé c’est en toute transparence et sincérité que nous vous partagerons des nouvelles de vos abeilles et de vos apiculteurs.

DES MENACES GRANDISSANTES

Les abeilles font face depuis plusieurs décennies déjà à une addition de facteurs provoquant leur déclin. Parmi ces derniers : les pesticides, les infections parasitaires, les prédateurs comme le frelon asiatique, la monoculture qui appauvrit les ressources en nectars et le dérèglement climatique, responsable plus que jamais de la saison noire 2021.

L’addition de ces facteurs est ainsi responsable d’un taux de mortalité des abeilles passé de 5% dans les années 90 à plus de 30% aujourd’hui.

Et comme si cela ne suffisait pas, en septembre dernier, trois scientifiques ont découvert à Marseille un nouveau prédateur : Le frelon asiatique oriental, de son nom savant « Vespa Orientalis Linnaeus ».
Sa prolifération est mondiale : Moyen-Orient, Grèce, Italie… Il arrive aujourd’hui aux portes du territoire nationale.
La filière est aux aguets. Après le frelon asiatique apparu en 2004, les apiculteurs redoutent ce nouveau prédateur.

2022, L’ABEILLE « GRANDE CAUSE NATIONALE »

C’est donc à la suite de cette saison apicole 2021 considérée comme « la pire année » par la filière, que des élus engagés ont souhaité faire porter la voix silencieuse des abeilles pour agir ou du moins réagir face au déclin grandissant des pollinisateurs.

« Cette proposition de résolution vise donc à lutter contre la disparition des abeilles et à soutenir l’apiculture française.
L’avenir des abeilles et de l’apiculture mérite la plus grande attention et la mobilisation de tous. Il est de notre responsabilité de maintenir, pour les générations futures, une biodiversité à laquelle les abeilles contribuent de façon déterminante. »
évoque M. Robert THERRY dans la proposition de résolution.


« Promouvoir la sauvegarde des abeilles est une nécessité. » poursuit-il.
Voici le texte complet : Proposition de résolution nº 4445 visant à lutter contre la disparition des abeilles

2022, AGISSONS ENSEMBLE POUR LA PROTECTION DES ABEILLES

Depuis plus de 10 ans, Un Toit Pour Les abeilles mènent des actions concrètes pour préserver les abeilles qu’elles soient à miel ou sauvages.
En 10 ans, plus de 10 000 ruches ont ainsi pu être installées sur tout le territoire permettant le développement de centaines de millions d’abeilles. Ce sont également une centaine d’apiculteurs, constituant le réseau Un Toit Pour Les Abeilles qui bénéficient chaque année de l’engagement et du soutien de milliers de marraines et parrains, qu’ils soient entreprises ou particuliers.

Outre l’installation de ruches, Un Toit Pour Les Abeilles a lancé des projets divers de plantation mellifères, protection de l’abeille sauvage, réintroduction de l’abeille noire et cosmétiques de la ruche.
Parmi ses actions :

2022, AGISSIONS ENSEMBLE POUR PROTÉGER LES ABEILLES

Nous espérons de tout cœur que l’abeille devenant « grande cause nationale » cette année, le grand public et les instances gouvernementales prendront conscience de l’enjeu environnemental du déclin des abeilles. C’est ensemble que nous pourrons sauver les abeilles.

D’ores et déjà nous vous partageons Quelques gestes simples pour aider les abeilles

www.untoitpourlesabeilles.fr : Parrainer une ruche pour sauver les abeilles !

26
Juin
2019

Printemps 2019, une récolte de miel catastrophique !

Un printemps chaotique

« Arrivé au terme du printemps 2019, il n’y a eu, dans ma région, aucune période durable de temps véritablement printanier. Le printemps est, selon les termes mêmes des météorologues une période de «transition entre la saison froide et les chaleurs estivales », qui est « progressive et plus ou moins précoce selon les années. »
Cette année après un début de printemps précoce, début mars, le chaos météorologique a couvert les trois mois qui ont suivi. Trois mois sans aucune progressivité, mais des contrastes insupportables :

  • record de températures basses, après un début de printemps très doux,
  • tempêtes et vents volants, passant subitement du Sud au Nord et Nord Est, puis à l’Ouest.
    Ce sont des conditions extrêmement défavorables au butinage ; et complexes pour le développement des colonies, qui ont besoin d’une progressivité –celle normalement du printemps – dans l’augmentation des températures et de l’amélioration des conditions d’accès aux ressources.

Casse-tête climatique

Habitué aux casse-tête climatique, j’ai suivi de près les colonies.
Les plus fortes de mes colonies et les plus entourées de ressources précoces, en plaine, ont démarré en trombe. Mais a suivi de longues périodes de mauvais temps -vents et pluies se succédant.- Les colonies ont ponctionné dans leurs stocks de miel, leur effectif étant important. Certaines ont même mis dehors de la ruche les mâles, n’étant plus à même d’assurer leur subsistance.
Heureusement, que je ne me suis pas précipité à récolter. Un apiculteur du sud de la France, qui a transporté ses colonies en vallée de Saône pour la floraison l’acacia – miellée qui n’a rien fourni du fait de la météo déplorable – m’a appelé d’urgence pour que je lui indique un fournisseur de sirop apicole, car toutes ses colonies criaient famine !
Pour les colonies les moins fortes et moins entourées de ressources printanières, les effectifs n’ont eu énormément de mal à se développer significativement de tout le printemps.
C’est un euphémisme de considérer que « les miellées de printemps tant attendues ne feront pas que des heureux » (Propos de Frank Alétru, président du Syndicat National d’Apiculture, dans la revue « L’Abeille de France de juin 2019.)

Piégé par les perturbations climatiques

Mes colonies se sont adaptées en faisant profil bas. L’abeille noire a les capacités de le faire ; et je n’ai pas fait d’intervention contrecarrant cette stratégie. Le résultat est l’absence d’excédent de miel de printemps que je pourrais récolter…
Or, en plaine de Saône, c’est une première phase de récolte en générale significative. Des perturbations climatiques en 2013 (Météo France indique que « le mois de mai 2019 a été le plus frais depuis mai 2013 ») et en 2016 ont abouti à des récoltes de printemps très faibles.
Je peux témoigner du côté imprévisible de perturbations climatiques et de leur conséquence. Je suis bien au courant de ce risque, comme tout apiculteur ; mais j’en subis pourtant les effets inévitables.
Cette fois, un extrême a été atteint, rejoignant la liste des extrêmes qu’il faudra dorénavant considérer comme prévisibles…
J’ai préservé le potentiel pour la suite de la saison notamment avec un suivi de l’essaimage réussi.
Mais, je tremble à l’idée que les perturbations météorologiques persistent à saboter mes espoirs et mes résultats. Notamment, si la canicule venait à succéder à la froideur printanière ; aucun phénomène extrême n’étant à exclure…
Combien de fois, ce printemps, je me suis dit, que les perturbations allaient s’achever ; alors qu’elles devenaient de plus en plus extrêmes !…
C’est la plus longue période de perturbations printanières de mon expérience d’apiculteur. »

Yves ROBERT – Apiculteur du réseau Un Toit Pour Les Abeilles et Formateur en apiculture. Le Rucher de Sennecey (71)

16
Oct
2017

Bilan de la saison 2017 chez Philippe, Apiculteur des Gorges du Daluis

Philippe Chavignon, apiculteur des Gorges de Daluis vous dresse le bilan d’une saison 2017 compliquée… encore !

« Chers parrains bonjour…
Nous sommes la mi-octobre, le temps d’un pré-bilan de cette saison 2017.
Nous avons eu de fortes pertes hivernales, environ 50 %. Mais c’est devenu le quotidien « annuel » de l’apiculture biologique. Je viens de rendre visite à un collègue provençal qui a perdu 90% de son cheptel entre empoisonnements et autres causes.

Fin d’hiver plutôt chaud et début de printemps précoce. L’élevage de reine et les colonies se développent très vite. Attention au coup de froid tardif ! J’ai le souvenir de conditions de début de saison similaires au millénaire précédent, vers 1997. Cela n’a pas loupé, deuxième quinzaine d’avril, le thermomètre affiche moins cinq. Le froid persiste quelques jours. Perte de couvain, réduction des populations, surconsommation des réserves… Il faut retirer les hausses. Le thym, en début de floraison, a souffert et ne fournira pas son divin nectar.

Il faudra attendre la deuxième semaine de Juin pour qu’enfin les hausses se remplissent.
Beaucoup de miellats –miels issu des « digestions » de pucerons que les abeilles récoltent : les plus connus sont le sapin, châtaignier et dans le cas présent sans doute le pin.
Nous transhumons sur le châtaignier sans grand espoir, la floraison est très partielle. La gelée tardive a détruit les bourgeons floraux sur 50% des arbres. Récolte nulle.

Les fortes chaleurs et la sècheresse s’étant installées dès la dernière semaine de mai, la floraison de lavande s’annonce précoce. Les conditions météorologiques me rappellent 2003 et je m’attends à un été chaud et sec. Nous transhumons le 15 Juin, seulement 25 ruches vu les perspectives, 10 à 15 jours plus tôt que d’habitude. Grand bien nous en pris car alors que j’avais des craintes dues à la sècheresse qui commençait à sévir, les lavandins plutôt beaux ont été généreux en début de floraison. Nous ajouterons d’autres ruches plus tard mais sans grand résultat, la miellée ayant eu lieu essentiellement la première semaine. La récolte sera moyenne, mais nous nous en contentons. Sur le plateau de Valensole nous sommes confrontés, ces dernières années à un problème – un de plus !- récurrent. Des agriculteurs s’essaient à de nouvelles cultures –sauge sclarée, anis, coriandre,…- ce qui complique la récolte d’un miel de lavande suffisamment pur.

Début juillet, j’effectue plusieurs reconnaissances en haute montagne pour trouver des fleurs « butinables », mais la sècheresse a déjà sévi. Nous installons finalement un rucher d’essaims de l’année près du col de La Cayolle à 1800m, ouvert sur des alpages jusqu’à 2600m. Petite miellée, mais 15 jours plus tard, il faudra retirer les hausses vides et bientôt nourrir les essaims.
Malgré les prévisions météos qui nous ont parfois redonné espoir, en vain, le déficit en eau a continué à s’accentuer. La végétation herbacée et arbustive est grillée, pire qu’en 2003.
La sarriette, a tenté, sans doute par programmation génétique, de produire quelques fleurs, mais le résultat est insignifiant. Il faut continuer à nourrir.

La récolte globale est plutôt médiocre. A peine mieux qu’en 2016, la pire année que nous ayons connu !

Nous avons certes réussi à augmenter le cheptel, grâce à l’élevage de reine, mais aussi l’achat d’essaims. Nous avons procédé pour la deuxième année consécutive à des encagements de reines pour provoquer des arrêts de pontes estivaux favorables aux traitements contre les varroas et qui contrarient le développement de ceux-ci.

Le plus gros du cheptel est maintenant dans l’Esterel et nous gardons un rucher dans les Gorges de Daluis pour essayer de revenir à un hivernage en montagne que nous avions abandonné pour cause de pertes excessives.

Rendez-vous en mars pour le bilan de l’hivernage. En attendant, dégustez votre miel avec parcimonie, les stocks de miel français sont au plus bas historiques !
Mais dégustez-le avec amour – le même que je vous porte, à vous parrains engagés qui me soutenez !
Philippe »

 

 

 

29
Sep
2016

Évolution de la récolte de Miel en France

Comme vous l’avez probablement lu dans la presse ou au travers des nouvelles de vos apiculteurs, nous sommes en train de vivre notre pire saison apicole !

Nous pensions le désastre de 2014 derrière nous. Souvenez-vous, une année particulièrement difficile ou nous avions dû décaler de quelques mois les livraisons aux parrains pour profiter de l’arrière-saison.

Et bien 2016 a détrôné le triste record de 2014 avec une récolte au niveau national inférieure cette année à 10 000 tonnes. A peine 9000 tonnes récoltés contre 35 000 dans les années 90. Les importations quant à elles ne cessent d’augmenter !

Voici un tableau avec l’évolution de la récolte nationale et des importations de Miel des années 90 à aujourd’hui…

Voilà de quoi alerter sur la situation désastreuse que nous sommes en train de vivre.

tableau recolte et import miel

Nous avons tenté de comprendre pourquoi, après un léger regain en 2015, le monde apicole a de nouveau sombré cette année.

Pour nombres d’apiculteurs les pesticides, toujours utilisés en masse, sont bien entendus les premiers responsables de ce chaos écologique.

La loi Biodiversité, après de nombreux reculs a finalement voté l’arrêt de l’utilisation des pesticides de la famille des néonicotinoïdes. Mais cette loi ne sera applicable qu’à compter de 2018 avec des dérogations jusque 2020. Nos colonies s’affaiblissent chaque jour et ne tiendront pas jusque là…

Outre les pesticides c’est l’addition de deux facteurs qui expliquent la très mauvaise récolte de cette année.

Les conditions météos qui ont été similaires finalement à 2014. Il ne faut plus se voiler la face : le dérèglement climatique est bien là…

Le temps joue un grand rôle dans le développement et l’équilibre des colonies. Le froid d’hiver incite les abeilles à l’hivernage. Le retour du printemps influe sur les floraisons et sur les récoltes. Il suffit alors que la météo n’ait pas joué son rôle de « modérateur » pour que les colonies soient perturbées. Ça été le cas cette année :

  • L’hiver a été particulièrement doux et les abeilles n’ont pas eu de réelle « pause hivernale ». Elles ont puisé dans leurs réserves.
  • S’en est suivi beaucoup trop de pluie au printemps ne permettant pas aux abeilles de sortir de la ruche pour butiner.
  • Et puis l’été est arrivé, tellement vite et tellement sec qu’il a asséché la flore à peine éclos…

Un deuxième facteur explique la très mauvaise récolte enregistrée cette année : l’érosion de la Biodiversité

Les cultures sont pauvres, on privilégie les monocultures au détriment d’une grande biodiversité. Pas de place pour les « mauvaises herbes », mêmes si ces dernières sont bénéfiques aux abeilles.

Les champs son cultivés de manière « anarchique », c’est à dire sans réelle réflexion sur la continuité des floraisons. Les abeilles peuvent puiser quelques ressources mais une fois la floraison terminée, il n’y a plus rien. Elles puisent alors dans leurs réserves quelques temps avoir de pouvoir profiter d’une nouvelle floraison. Il peut ainsi se passer un ou deux mois avant que de nouvelles cultures prennent le relais des premières. Les apiculteurs n’ont d’autres choix que de transhumer…

Dure dure la vie d’abeilles !

Aujourd’hui, au-delà de la maigre récolte, c’est le désastre écologique qui se trame qui nous inquiète, si nous ne faisons rien.

Beaucoup d’apiculteurs ont réclamé la « calamité apicole » et d’autres ont décidé de jeter l’éponge.

Nos apiculteurs, soutenus par les parrains poursuivent l’aventure, même si ce n’est pas de tout repos. Mais certains réfléchissent déjà à reprendre une activité en parallèle. C’est pourtant un si beau métier que celui d’apiculteur !

La bonne nouvelle pour vous parrains, c’est que l’ensemble de nos apiculteurs ont quand même pu récolter suffisamment de miel pour vous et pour les abeilles qui vont bientôt rentrer en hivernage.

Nous vous remercions donc pour votre soutien précieux et espérons que la grande famille Un toit pour les abeilles s’agrandira bientôt avec la participation de nouveaux parrains.

Nous avons plus que jamais besoin de vous…

Un toit pour les abeilles : parrainez une ruche pour sauver les abeilles !

05
Sep
2016

Saison apicole 2016 : Une Annus Horribilis

Comme vous le savez, après une année de répit en 2015, la saison 2016 s’oriente  vers une année noire… La pire pour un grand nombre d’apiculteurs dont ceux que vous soutenez au travers d’Un toit pour les abeilles.

Certains sont déjà en train d’engager des démarches pour déclarer la calamité apicole… Bref une annus horribilis pour les apiculteurs.

Les abeilles n’ont pas suffisamment récolté  et ont dû puiser sur leurs réserves. Les essaims se portent mal… En France, un apiculteur qui ne renouvelle pas ses colonies est voué à cesser son activité en quelques années à peine. Chaque année 30% des colonies disparaissent du fait de l’addition de nombreux facteurs (pesticides, infections parasitaires, prédateurs comme le frelon asiatique et dérèglement climatique ayant un impact direct sur les conditions météos…)! Cette année ce taux devrait être porté à 50%, peut-être davantage encore.

Nous vous partageons ci-dessous quelques bilans dressés par nos apiculteurs en cette fin de saison apicole 2016…

Sarah Holtzmann – Le Rucher la Reine des Vosges (Moussey – 88) :

Sarah » Chers parrains, Le soleil est bien là, enfin…
Il y a quelques semaines encore je me plaignais des conditions météos déplorables qui empêchaient nos abeilles de quitter la ruche. Trop de pluie !
A présent que le soleil est là, il fait beaucoup trop chaud… On est passé de la pluie à un état de quasi canicule.
Les abeilles ventilent et vont à l’eau mais il n’y a pas suffisamment de nectar pour produire du miel. L’extracteur de la Miellerie n’a pas encore tourné.
Les champs s’assèchent trop vite. Il reste encore un peu de reine des près, balsamine et ronces mais les floraisons sont timides et surtout éphémères.
Je crois que de mémoire d’apiculteur je n’ai jamais vécu une si piètre année.
Pire encore que 2014 avec ses 10 000 tonnes de miel récolté au niveau national contre 17 000 en moyenne. Le Syndicat apicole des Vosges a d’ores et déjà demandé la reconnaissance du statut de « calamité apicole » auprès de l’État.
Malgré ce tableau un peu noir, je reste optimiste. Les abeilles ont tenu le coup et ont repris des forces.  » le 28/07/16

Chantal JACQUOT et Yves ROBERT – Le Rucher de Sennecey (Sennecey le Grand – 71) :

chantal et yves » Chers parrains, voici quelques lignes pour vous présenter le bilan apicole de cette saison 2016…

La météo printanière, extrêmement maussade, a amplifié l’essaimage, et lessivé toutes les fleurs de fin de printemps dont l’acacia. La fécondation des jeunes reines a été aussi perturbée par ce très mauvais temps. Or une colonie ou un essaim sans reine bien fécondée est condamnée. Le taux de réussite des essaims s’en est ressenti ainsi que les pertes par défaut de remplacement de la reine.

Il y a eu un laps de temps encore jamais enregistré entre la fin des floraisons printanières précoces et les floraisons d’été ; ce qui a entrainé la réduction de population dans les colonies. Celles-ci sont arrivées en été avec des effectifs trop restreints pour la production de miel à récolter par l’apiculteur. Notre volume de récolte par ruche est le tiers de celui de l’an dernier. Notre cheptel est en diminution.

Les effets sur l’environnement des activités humaines ont atteint une capacité de perturbation impressionnante. Nous avons beaucoup de travail pour convaincre de rétablir un équilibre naturel aujourd’hui rompu par une emprise écologique non maitrisée. «  le 5/09/16

David et Karine DEVERGNE – Le Rucher du Lac de Ribou (Cholet – 49) :

David » La saison va bientôt s’achever. Le Châtaignier est passé et n’a pas énormément miellé cette année. De même nous arrivons au terme des floraisons de ronces, qui sont en fleurs en ce moment. Je ne crois pas que le tournesol nous apportera beaucoup de miellée supplémentaire. Non pas que je sois pessimiste mais l’an dernier, le tournesol n’avait pas beaucoup miellé.
Je n’ai pas encore terminé toutes les récoltes mais je peux vous l’annoncer par avance, cette année aura été pour moi la pire saison apicole depuis 5 ans.
Un seul facteur aura déséquilibré l’ensemble de mes colonies : la météo.
Trop de pluie, pas assez de soleil… les abeilles sont restées enfermées dans les ruches. Les reines ont été mal fécondées ou trop tardivement. Les colonies ont dû puiser dans les réserves.  »  le 15/07/16

Voici quelques exemples de bilans apicoles qui reflètent la tendance générale de cette année apicole au niveau national. Tous les apiculteurs ont été touchés et vont devoir essayer de rebondir face à une nouvelle année noire, après 2014.

Plus que jamais nous avons besoin de vous !

Un toit pour les abeilles permet de reconstituer et développer les cheptels des apiculteurs. Aujourd’hui Un toit pour les abeilles ce sont plus de 2200 ruches installées sur les ruchers de nos 40 apiculteurs partout en France ou sur les sites des entreprises. Nous comptons plus de 15000 parrains particuliers et près de 750 entreprises marraines engagées à nos côtés.

Un toit pour les abeilles permet concrètement, grâce au soutien de ses parrains de financer une partie de l’outil de travail de l’apiculteur, sa ruche, et d’acheter le miel récolté à un prix moyen permettant à l’apiculteur de vivre décemment de son métier ancestral et artisanal. Le parrain reçoit en contrepartie de son engagement des nouvelles régulières ainsi que les photos de sa ruche. Il peut en outre venir rencontrer son apiculteur lors des journées portes ouvertes que nous organisons chaque année. Ces immersions au rucher sont le trait d’union qui existe entre le parrain, l’apiculteur et les abeilles. Elles concrétisent l’engagement des parrains.

Les parrains reçoivent enfin en remerciement de leur soutien des pots de miel personnalisés (avec le nom du parrain ou le logo de l’entreprise par exemple).

Encore merci à toutes celles et ceux qui soutiennent activement l’action d’Un toit pour les abeilles au travers du parrainage…

Et la bienvenue à toutes celles et ceux qui souhaitent nous rejoindre…

UnToitPourLesAbeilles.fr : parrainez une ruche pour sauver les abeilles !

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